DÉCOURAGEMENT DU RÉGENT
qu'il voulait embrasser et conséquemment le désir qu'il avait de cesser les armements extraordinaires exigés par la situation. Il manifestait en même temps la volonté de garantir l'indépendance de la Belgique, (c Notre appui et le concours des grandes puissances » de l'Europe ont assiuré l'indépendance de la Belgique » et sa séparation de la Hollande. Si j'ai refusé de me » rendre au vœu du peuple belge, qui m'offrait la » couronne pour mon second fils, c'est que j'ai cru » que ce refus m'était dicté par les intérêts de la » France aussi bien que par ceux de la Belgique elle- » même. Mais ce peuple a des droits particuliers à » notre intérêt, et il nous importe qu'il soit heureux » et libre. »
Suivant le désir exprimé par le général Belliard, alors à Paris, le secrétaire de la légation française à Bruxelles s'empressa de communiquer le discours royal au r^ent de la Belgique. M. Surlet de Chokier le lut avec avidité ; mais, d'après le silence qu'il gardait, et d'après sa physionomie devenue plus soucieuse, il était facile de voir que le langage du roi ne répondait pas à ce qu'il eût désiré. Il se borna à dire : « Jjb discours ne contient que des choses vagues. » Puis il quitta brusquement cette conversation pour parler des armements du Luxembourg, de la situation du pays, de la volonté inébranlable des Belges de conserver l'intégrité du territoire national et de résister, même par les armes, aux injonctions arbitraires de la conférence. «La Belgique est tranquille, ^ poursuivitil, « je fais tous mes eflEbrts, j'emploie toute mon auto-^
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» rite à y tout concilier. Pour n'effaroucher aucune » susceptibilité, je me tiens à Técart, n'agissant que » lorsque je ne puis m en dispenser ; mais je vous » avoue que je ne saurais admettre que nous devons » nous soumettre aux protocoles (1). Si Ion me » pousse à bout, je me démettrai de mes fonctions ; » qu'arrivera-t-il? On me remplacera par un homme » du mouvement, que sais-je? par la république peut- » être. La population veut marcher en avant ; elle se » battra avec fanatisme, et rien ne l'arrêtera. Les » Français ne cessent de manifester leur sympathie » pour notre cause, ils ne nous abandonneront pas, » aucune puissance ne pourra les cureter ; comme on » ne pourrait pas non plus empêcher les Belges de » voler au secours de la France, si, ce qui n'est pas » supposable, elle devait se trouver engagée dans une » guerre sans la Belgique... Je le répète, il faut que D nous sortions de cet état d'incertitude, et de suite ; » l'explosion autrement sera terrible ; le général » Belliard connaît assez le pays, la disposition des » esprits, pour être à même d'éclairer parfaitement » le gouvernement. Puisse sa voix être écoutée !... »
(1) C'était précisément'cette soumission que le ministère français ne cessait de recommander à M. Lehon. Celui-ci écrivait au règeol: « ... A qui puis-je faire comprendre ici que Fintégrité de notre territoire consiste dans celui qu'il a plu au Congrès de déclarer territoire belge par la Constitution ? Toute ma logique, toute mon énergie échouent contre les difficultés... Nous engageons un combat inégal où la défaite est certaine... »