‹ Le Congrès national de Belgique, 1830-1831Chapitre 216 sur 329 · LE GONGRËS REPREND SES TRAVAUX · texte numérisé non relu

LE GONGRËS REPREND SES TRAVAUX

était méconnue et blâmée par des patriotes qui l'avaient d'abord énei^iquement soutenu. Le parti réunioniste, exploitant les illusions de quelques citoyens influents, les excitait à renverser le cabinet ; il s'agissait de le remplacer par un ministère dont M. de Robaulx eût été le chef. La réélection du président du Congrès devait être le signal de la retraite de M. Lebeau et de l'avènement de son adversaire (!)• La situation du pays était encore aggravée par l'anxiété qui régnait à Anvers ; les Hollandais de la citadelle, voulant se précautionner contre les travaux que les troupes belges élevaient sur ce point, s'étaient emparés de vive force, le 15 mai, de la lunette Saint-Laurent; il fallut l'intervention du commissaire anglais et du général BeUiard pour terminer un conflit qui aurait pu avoir les conséquences les plus graves. Bref, la Belgique se trouvait rejetée dans une véritable crise, lorsque le Congrès, convoqué le 9 mai par le régent, reprit ses travaux le 18.

On eut bientôt la certitude que le gouvernement conservait la confiance et les sympathies de la majo-

(i) Telles étaient aussi les informations qae lôrd Ponsonby, parti poor Londres le 13 mai, donna à lord Palmerston et que celui-ci transmit au vicomte Granvilie. « Lord Ponsonby, » écrivait-il le 48 mai, « rapporte que le Congrès va être informé des résultats. de la mission accomplie à Londres par la députation belge. Si rassemblée trouve que des difficultés insurmontables empêchent le prince Léopold d*accepter éventuellement la couronne, avant qu*un arrangement territorial soit intervenu, le désappointement que provoquera cette nouvelle aura probablement deux résultats désastreux : le renouvellement des hostilités avec U Hollande et un changement de gouvernement à Bruxelles... » Papers relative ta Ou affaire ofBelgium^ t. !•', p. 155.

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rite. Le renouvellement du bureau leva tous les doutes et dissipa toutes les craintes. Cent quwante-deux membres étaient présents : M. de Gerlache fut réélu président par quatre-vingt-six suffrages; M. Alex. Gendebien, son compétiteur, en obtint trente-trois ; les autres voix se portèrent sur M. Raikem. En prenant pour la troisième fois possession du fauteuil qu'il devait conserver jusqu'à la constitution définitive de l'État, M. de Gerlache exprima les préoccupations, les craintes, les anxiétés, les vœux de la partie sage et modérée de la nation. « J'aime trop mon pays, » ditil à ses collègues, a pour n'être pas ému de son avenir. . . » Vous avez commencé par lui donner la Constitution la » plus libérale qui fût jamais ; vous songiez à achever » cette grande œuvre pw des institutions qui doivent » en consolider les bienfaits, lorsque la nécessité de n fixer au plus tôt le sort de l'Ëtat par le choix de » son chef a subitement saisi et préoccupé tous les » esprits. Si nous sommes assez heureux pour nous » constituer promptement et définitivement, aucun » de nous ne regrettera les sacrifices qu'il a faits au » pays... Mais si tout l'espoir dans lequel on nous » avait entretenus jusqu'à ce moment s'évanouit, vous ji> saurez prendre avec calme et fermeté le parti qui » convient à votre dignité, à l'honneur et à l'intérêt » de la nation. Chacun de vous prouvera qu'il est » prêt à se sacrifier pour la patrie, mais qu'il ne » sacrifie point la patrie à des opinions et encore » moins à des passions. Là seulement est le devoir ; » là sont aussi la gloire et la solide popularité, qu'il

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