‹ Le Congrès national de Belgique, 1830-1831Chapitre 224 sur 329 · SOO LETTRE DE LORD PONSONBY · texte numérisé non relu

SOO LETTRE DE LORD PONSONBY

» La couféreace trouve les limites de la Hollande D fixées par des traités, et les traités constituent, » en fait de limites, la loi des nations. La conférence » ne peut violer cette loi ; elle ne peut consen- » tir, en conséquence, à ce que la Belgique se » donne le droit de fixer les frontières dun autre » État ; mais la conférence ne laisse pas que d'être » disposée, autant qu elle aura le pouvoir de le faire » sans violer les principes fondamentaux de la poli- » tique européenne, à remédier aux choses qui peun vent être contraires aux intérêts de la Belgique et 2> en même temps n'être pas préjudiciables aux inté- » rêts des nations voisines. Agissant dans ces vues, » la conférence désire que la Belgique se place dans » le cercle ordinaire des Ëtats européens, reconnais- D sant lobligation commune des traités, prenant part }> aux chaînes et aux bénéfices de la politique reçue » entre les nations, et se constituant de manière » qu'elle soit en droit de demander que tous les autres » États la reconnaissent et la traitent en associée. Si » la Belgique consent à se placer dans cette situation, » la conférence l'aidera, par une puissante médiation, j> à obtenir le duché de Luxembourg par un traité et

» qui doivent avoir une grande part dans le règlement des baats intérêts » du pays. Si cependant les passions remportaient, si les Belges refu- » saient d*accéder aux bases du protocole du SO janvier, je dois vous » annoncer que les puissances sont parfaitement décidées, dans ce cas, » à prendre toutes les mesures qu*exige la protection des Ëtats voisins » de la Belgique, et toutes celles que leur commandent aussi leurs » engagements et leur dignité... »

LETTRE DE LORD PONSONBY âOl

» moyennant une indemnité équitable ; et, par des » moyens assurés, la conférence préviendra toute » attaque militaire de la part de la Confédération ger- » manique pendant la négociation.

» Il faut observer que, par cette manière de proy> céder, la Belgique obtiendrait facilement et pour » toujours ce territoire, tandis qu'il est au moins » incertain qu elle puisse lavoir par la guerre ; et on » épargnerait ainsi aux habitants les calamités qui » retombent sur ceux dont le pays devient le théâtre » des hostilités.

» La conférence est animée d'un sentiment de » bonne volonté pour la Belgique ; son véritable but » est la paix présente et la paix future, fondées sur la » sécurité et l'indépendance de ce pays, et un arranj> gement définitif de tous ses intérêts.

» La conférence verrait avec plaisir que le Congrès » élût un souverain quelconque, lequel ne blessât pas » personnellement les droits des autres gouverne- » ments ; et elle reconnaîtra, avec une satisfaction » particulière, le prince sur lequel les Belges sem- » blent surtout avoir jeté les yeux, pourvu que le » Congrès lui permette de se placer lui-même dans le » cercle commun des gouvernements.

» D'après quel principe de raison la Bel gique pour- » rait-elle vouloir se placer dans une situation diffé- » rente de celle où vivent les autres nations ? » Pourquoi demanderait-elle exclusivement le pri- » vilége de dicter des lois à tous les autres peuples, » sur des questions de territoire disputé, et de se

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