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» soustraire à lobligation d'observer la règle univer- D selle, les négociations et les traités » en prétendant » tout à coup recourir à la violence et à la guerre » pour assurer ce qu'elle regarde comme ses droits ? » La Belgique est-elle assez puissante pour forcer les » cinq grandes nations militaires de l'Europe à sous- » crîre à ses vœux? Quelques personnes pensent-elles » que les peuples de l'Europe puissent être excités à D la résistance contre leurs gouvernements respectiDs, » afin de mettre la Belgique en état de détruire lau- » torité des traités^ ,seul principe qui préserve les » nations d'une guerre perpétuelle? 11 ne peut y avoir » d'erreur plus grave et plus dangereuse qu'une » pareille opinion.
» Los grandes puissances connaissent assez leurs » véritables intérêts actuels pour ne pas disputer » entre elles sur la question belge, c'est-à-dire sur la » question de savoir si les traités doivent être sacrés. » Au contraire, elles agiront avec unanimité, et elles » auront pour elles le concours et l'approbation des » peuples.
» On excite la Belgique à recourir aux armes, et » pourquoi ? Pour conserver le Luxembourg. Mais D elle peut le posséder en paix et avec sécurité, pour » la millième partie du prix que coûterait une tenta- » tive de garder ce pays par la force des armes : n'y » a-t-il pas de l'imprudence à hésiter sur le choix !
» La Belgique veut conquérir Maestricht, la rive » gauche de l'Escaut, et arracher à la Hollande quel- » ques autres parties de ses anciennes possessions.
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» Maintenant que la politique européenne est devenue » évidente^ même pour les esprits les moins éclairés, » peut-on douter encore que la Belgique ne soit hors » d'état d'obtenir une seule de ces choses par les armes, > à moins qu'elle ne réussisse à vaincre les armées de » la France, de la Prusse, de l'Autriche et de l'Angle- D terre ? Pas un pouce de terrain hollandais ne sera » laissé à la Belgique, à moins qu'elle n'ait vaincu » l'Europe, sans parler de ce qu'elle pourrait perdre » de son propre territoire, si elle venait à être vaincue » elle-même dans un pareil conflit.
» Il appartient aux hommes d'État qui gouvernent » les destinées des nations de calculer les chances de » succès ou de défaite ; c'est à eux de faire voir à » leurs compatriotes s'il vaut mieux chercher à » réussir dans leurs vues par de tels moyens et en de A telles circonstances, ou essayer les voies simples, » inoffensives et plus efficaces que présentent les » négociations, sous un prince qui soit l'ami de tous » les gouvernements de l'Europe, et dont tous aient » intérêt à consolider la puissance et la sécurité.
» L'hésitation qu'a montrée S. A. R. le prince » Léopold dans les réponses qu'il a faites à MM. les y> députés qui sondaient son opinion relativement à la » souveraineté de la Belgique, montre assez la nature » désintéressée des principes de Son Altesse Royale, » et prouve qu'il ne voudredt point accepter une cou- » ronne qui lui serait offerte, s'il ne pouvait la porter « avec honneur pour la Belgique et pour lui-même. » Cependant, le prince est convaincu aujourd'hui, à
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D son entière satisfaction^ qu'il est suffisamment fondé » à attendre avec confiance l'exécution équitable et » prompte des mesures par lesquelles la conférence D aidera à l'arrangement satisfaisant des affaires du » Luxemboui^; et le prince est disposé à prendre » sur lui, comme souverain, le complément de cette » affaire.
» Peut-il y avoir une meilleure preuve du change- » ment qui s'est récemment opéré dans l'opinion et s» dans les résolutions de la conférence ? Il y a une » semaine^ la conférence considérait la conseirvation de » ce duché à la maison de Nassau, sinon cofnme » nécessaire, au moins comme extrêmement désirable ; » et, à présent, elle est disposée à une médiation, avec » l'intention avouée de faire obtenir ce duché pour le » souverain de la Belgique.
» L'honneur de la Belgique consiste à obtenir le » Luxembourg, et non à combattre pour l'avoir et à » causer la ruine des Belges par cette lutte.
» La conférence ne prétend pas intervenir en ce qui » concerne les droits, l'indépendance de la Belgique » ou son organisation intérieure ; mais la conférence » veut maintenir les droits des autres États contre » toute agression, sous quelque prétexte que ce soit. » II n'y aura point de nouveau code de conquête, » établi par quelque puissance à part.
» La conférence restera la protectrice des lois et de » la liberté contre tous ceux gui voudraient se faire » conquérants et contre ceux qui méconnaîtraient » toute autre loi que leur volonté et bon plaisir. Les
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» Belg3s ne sauraient regarder comme d'une sage » politique de soutenir le droit de la force et de le » reconnfldtre comme suprême et absolu, sans s ex- » poser en temps et lieu à voir cette doctrine tourner » contre eux-mêmes.
» Qu'est-ce que l'on demande à la Belgique, pour » qu'elle se trouve dans une situation tranquille et » sûre ? Tout ce qu'on exige d'elle est de condescendre » à se montrer soumise aux mêmes devoirs politiques » auxquels se soumettent les grandes monarcbies. Ce » que la France, l'Autriche, l'Angleten^e, etc., etc., » trouvent juste et honorable pour elles-mêmes, » peut-il blesser l'honneur belge ?
» J'ai confiance dans la raison du gouvernement » belge et du pays : je me flatte qu'ils considéreront » avec calme et qu'ils décideront avec sagesse la » grande question qui se présente pour eux, et » qu'ils refuseront de se jeter imprudemment dans » des difficultés qui seraient créées sans besoin et » qui pourraient amener jusqu à V extinction du nom » belge. ,
» Quant à la dette, je puis vous réitérer l'assurance » que la conférence n a jamais entendu faire que des » propositions.
» Croyez que je suis,
» Monsieur,
» Votre très humble,
» PoNSONBY. »