‹ Le Congrès national de Belgique, 1830-1831Chapitre 239 sur 329 · SM DÉPUTATION OFFICIELLE · texte numérisé non relu

SM DÉPUTATION OFFICIELLE

Les vœux du prince devaient être satisfaits : il avait été élu à une grande majorité. L'opposition même, sauf quelques rares exceptions, ne s'était pas attaquée à la personne du candidat, mais avait condamné le morcellement territorial. Elle supposait, à tort, que le choix du prince de Saxe-Cobourg préjugeait le démembrement du territoire, tandis que ce choix était le moyen le plus sûr de le prévenir, si les résolutions des cinq cours n'étaient pas irrévocablement arrêtées.

Le Congrès nomma, séance tenante, une députation chargée d offrir officiellement la couronne de Belgique au prince de Saxe-Cobourg. Il désigna: MM. F. de Mérode, Van de Weyer, l'abbé De/oere, d'Arschot, H. Vilain XIIII, Osy, Destouvelles, Duval de Beaulieu et Thorn. Le président du Congrès faisait partie de droit de la députation. Elle n'avait d'autre mission que celle de remettre au priiice Léopold le décret d'élection.

Cependant il fallait encore, et avant tout, faire disparaître les obstacles qui se présentaient à l'acceptation du prince, obstacles résultant des protocoles du 20 et du 27 janvier. Le même jour, 4 juin au soir, un arrêté du régent, coutre-signé par le ministre des

gique immédiatement réum'e à la France. Je n*ai pas besoin de vous signaler toutes les difficultés qui naîtront de Tune ou de Tantre de ces alternatives. M. White ajoute que les provinces rhénanes, qui appartiennent k la Prusse, sont tout à fait mûres pour une révolte si le drapeau tricolore se montre en Belgique. » Le lendemain, sir H. Taylor répondit à lord Grey : « Le roi partage les sentiments de Votre Seigneurie sur les difficultés qui s*attachent à la question belge. » Correspondence of itu UUe earl Orey, t. !•', p. 288 et 295.

DÉPUTATION OFFICIELLE SBS

affaires étrangères, nomma commissaires près de la conférence de Londres, M. Devaux, membre du Congrès national et du conseil des ministres, et M. Nothomb, membre du Congrès national et secrétaire général du ministère des affaires étrangères (1). ItfM. Devaux et Nothomb reçurent des instructions conformes à celles dont avaient été chaînés les quatre députés qui avaient bien voulu se rendre auprès du prince avant son* élection. Us devaient faire ressortir les inconvénients d'une acceptation conditionnelle ; insister vivement pour une acceptation pure et simple ; faire les plus grands efforts afin de conserver l'intégrité du territoire fixé par la Constitution, et offrir, pour atteindre ce but, des indemnités pécuniaires. Les pouvoirs des commissaires étaient déterminés dans une lettre adressée par M. Lebeau à MM. les ambassadeurs et ministres d'Autriche, de France, de la Grande-Bretagne, de Prusse et de Russie, réunis en conférence à Londres. Cette lettre les priait de donner une entière créance à tout ce que leur diraient MM. Devaux et Nothomb, dans les limites de l'autorisation contenue dans le

décret du Congrès du 2 juin. Les deux commissaires du régent étaient chargés de faire toutes offres de sacrifices pécuniaires pour obtenir ou conserver la paisible possession des parties contestées du territoire qui devait composer le royaume de Belgique aux termes de la Constitution décrétée le 7 février ; et ils étaient

(i) M. Lebeau avait proposé de leur ac^oindre MM. Van de Weyer, d*Arschot et Destouvelles ; mais ceux-ci, qui faisaient partie de la députation du Congrès, n'acceptèrent point le mandat du gouvernement.

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