S RÉVOLUTION DE
tés à examiner immédiatement : si l'expérience avait indiqué la nécessité de modifier les institutions nationales; et si, dans ce cas, il convenait, dans l'intérêt du bien général, de changer ce qui était établi par des traités et la loi fondamentale entre les deux grandes divisions du royaume.
Le roi exprimait le désir de recevoir sans retard la communication libre et franche des sentiments des représentants sur ces questions importantes, afin de concerter avec eux, d'après les circonstances, les moyens qui pourraient mener à TfiUîcomplîssement de leurs intentions.
Des débats solennels s'ouvrirent sur le message royal. Ils furent précipités par la marche rapide des événements. Le 29 septembre, le royaume des Pays- Bas était détruit en même temps à La Haye et à Bruxelles, ici par un combat héroïque, là par un vote décisif. Cinquante députés contre quarante-quatre prononcèrent la séparation des deux parties du royaume ; cinquante-cinq députés contre quaremte-trois reconnurent la nécessité de faire des changements à la Constitution. Le gouvernement avait feint de donner satisfaction à l'opinion publique, eu soumettant ces grandes questions aux délibérations des états généraux ; mais, en réalité, il attendait la soumission de Bruxelles pour restaurer l'œuvre de 1815.
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Dans le moment même où le corps législatif était appelé à intervenir entre les deux parties du royaume, les troupes royales s avemçaient vers Bruxelles, et le prince Frédéric des Pays-Bas faisait publier une proclamation très menaçante pour les patriotes belges, impitoyable pour les auteurs principaux de Tinsurrection.
Cette proclamation eut le sort du discours du trône : elle fut brûlée par le peuple, qui était alors le souverain absolu dans la vieille cité brabançonne.
Le 23 septembre, l'armée commandée par le prince Frédéric, et forte de dix mille hommes, vint occuper le Parc et la partie haute de Bruxelles. Elle rencontra une résistance inattendue. Pendant quatre jours , les troupes royales furent contenues par un millier d'intrépides volontaires. Maîtres des hôtels qui environnent le Parc, embusqués derrière quelques barricades élevées à la hâte, les patriotes enfermèrent les Hollandais dans un cercle de feu. Cependant Bruxelles aurait bientôt succombé, si la bravoure aventureuse et persistante <le cette poignée d'héroïques volontaires, combattant pour la patrie et la liberté, n'avait démoralisé les chefs et les soldats de l'armée royale. Chaque soir le feu cessait, les bourgeois abandonnaient leurs postes, et à peine une seule sentinelle demeurait-elle près des barricades. Quelques compagnies résolues, en