‹ Le Congrès national de Belgique, 1830-1831Chapitre 23 sur 329 · RÉVOLUTION DE · texte numérisé non relu

RÉVOLUTION DE

n'avaient pu altérer les mœurs indigènes, encore moins détruire ce sentiment patriotique qui brave Toppression et qui attend le moment propice pour se faire jour.

Ce moment arriva. Le 25 juillet 1830, Charles X avait lancé un défi superfce à la France, déjà ulcérée contre la réaction ultra-monarchique, aristocratique et sacerdotale, qui caractérisa les dernières années de la Restanration. Trois jours après, le trône des Bourbons aînés était renversé par le peuple de Paris ; et tandis que Charles X s'acheminait vers Holy-Rood, Louis- Phihppe d'Orléans était proclamé (le 9 août) roi des Français par la Chambre des députés.

Une révolution était mûre aussi en Belgique. Il importe cependant de remarquer, avec un publiciste hollandais, que les événements de Paris ne pouvaient pas produire la matière inflammable; que si celle-ci n'avait préexisté dans le mécontentement légitime des provinces méridionales, la révolution française de juillet n'aurait pas atteint la Belgique.

L'insurrection, dont Bruxelles donna le signal dans la nuit du 25 au 26 août, devint bientôt générale. Le peuple se leva pour reconquérir ses droits. La bannière des Nassau fut proscrite et remplacée par les antiques couleurs brabançonnes que quelques jeunes gens arborèrent à l'hôtel de ville de Bruxelles, aux accla-

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mations du peuple qui couvrait la place. Le mouvement revêtit dès lors un caractère exclusivement belge et national.

Les vœux de la majorité, transmis au souverain, s'arrêtaient encore à une séparation administrative entre les provinces méridionales et les provinces septentrionales du royaume avec le maintien des droits de la dynastie régnante. Le roi convoqua les états généraux à La Haye pour le 13 septembre, en session extraordinaire. Au jour fixé, il se rendit au milieu des députés du royaume, et fit un appel à leur sagesse, à leur modération, à leur fermeté. Il ne dissimula point les vœux exprimés, de divers côtés, pour une révision de la loi fondamentale et même pour une séparation des contrées unies par les traités de 1814 et de 1815.

« Tout préparé, disait-il, à aller au devant de vœux » équitables, je ne céderai jamais à l'esprit de parti, » et je ne consentirai jamais à des mesures qui sacri- « fieraient le bien-être et les intérêts de la patrie aux » passions et à la violence. »

En déclarant qu'il ne céderait jeûnais à l'esprit de parti, le roi faisait directement allusion à l'opposition belge, et dévoilait qu'il ne ratifierait pas volontairement la séparation désirée. Il fut néanmoins donné communication à la seconde Chambre des états gênéraux d'un message par lequel le roi invitait les dépu-

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