LE PRINCE DE TALLEYRAND
M. Lebeau, M. Lehon dénonça formellement au gouyemement finançais la connivence de son ambassadeur à la cour de Saint-James avec ceux qui complotaient le partage de la Belgique. Les protestations fermes et loyales de M. Lehon neutralisèrent les manœuvres de M. de Talleyrand, et le projet de partage fut définitivement abandonné par le gouvernement français lorsqu'il put se convaincre qu'il ne réussirait jamais à obtenir la participation de l'Angleterre. Le prince de Talleyrand reçut bientôt l'ordre de rester uui au cabinet britannique pour contre-balancer les efforts hostiles de ceux qui auraient voulu empêcher la solution pacifique de la question belge.
M. Casimir Périer déclara à M. Lehon que sa politique était tellement nette et les instructions données au prince de Talleyrand tellement précises, qu'il y aurait trahison si ce qu'on lui imputait était vrai. On peut affirmer aujourd'hui que le prince de Talleyrand, jaloux d'illustrer la fin de sa carrière, ne se renfermait point dans l'horizon du ministère Périer ; il y avait chez lui deux hommes, l'agent du ministère Périer et l'ambitieux diplomate qui s'élevait au dessus de ce ministère et des difficultés qui l'absorbaient. M. Casimir Périer croyait pouvoir attribuer les idées de l'ambassadeur français, quant au démembrement de la Belgique, à l'opinion que l'on s'était formée à Paris comme à Londres, que, à défaut du prince Léopold, il ne restait plus pour la Belgique d'autre alternative que la réunion ou le partage. Or, comme le gouvernement français répons-