‹ Le Congrès national de Belgique, 1830-1831Chapitre 253 sur 329 · S60 MISSION DE MM. DBVAUX ET NOTHOMB · texte numérisé non relu

S60 MISSION DE MM. DBVAUX ET NOTHOMB

sait, en un mot, d obtenir des puissances la reconnaissance immédiate du roi des Belges, en ne faisant que très peu de concessions et des concessions compatibles avec la dignité du pays. Il s'agissait d'établir sur des bases honorables et sûres l'indépendance de la Belgique, et de la soustraire à la tutelle de la conférence.

On aura remarqué que les négociateurs belges s'étaient abstenus de toutes démarches auprès des plénipotentiaires de la cour de Russie. Ils avaient compris que ces démarches seraient inutiles ou dangereuses ; inutiles, puisque ces plénipotentiaires étaient décidés à accepter ce qui leur serait présenté au nom de la conférence ; dangereuses, car ils auraient pu initier aux secrets de la négociation les représentants du gouvernement hollandais. Ceux-ci n'avaient pas participé et ne participèrent point à cette négociation, pourtant décisive ; soit inattention, soit quiétude poussée jusqu'à l'indifférence, ils ne se doutèrent même pas du revirement qui s'opérait dans la conférence, grâce aux efforts incessants des commissaires du gouvernement belge, secondés par la grande influence dont jouissait le prince Léopold.

Les membres de la députation du Congrès, qui avait suivi à Londres les commissaires du régent, n'avaient pu remplir jusqu'alors leur mission. Le prince Léopold leur avait témoigné combien il était touché de l'acte solennel qui lui déférait le trône de Belgique; mais en même temps il avait exprimé le regret de ne pouvoir encore les recevoir officiellement.

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Il avait ajouté qu'il allait consacrer tous ses efforts à obtenir de la conférence des résolutions nouvelles plus en harmonie avec celles du Congrès et le vœu du pays, et il les avait engagés à voir, de leur côté, les plénipotentiaires des cinq cours et les membres du cabinet anglais (1). Cette première audience, dit un des témoins, produisit une impression telle sur les membres de la députation, dont plusieurs arrivaient avec des préventions défavorables, que tous s'écrièrent, en sortant, que Léopold était le roi qui convenait à la Belgique.

Les députés du Congrès restèrent cependant étrangers à la négociation dont étaient chargés exclusivement MM. De vaux et Nothomb (2). Elle était conduite avec autant de discrétion que de tact et d'habileté.

(1) H. Van de Weyer fit surtout un utile emploi de son séjour à Londres. H écrivit en quaranle-huit heures une LtUre sur ta révolution belge^ son origine^ ses causes et ses conséquences. Une dame anglaise traduisit celte brochure au fur et à mesure que M. Van de Weyer la rédigeait. Il la communiqua à ses collègues de la députation, recueillit leurs criliques et leurs observations, puis la fit imprimer et distribuer h profusion. Lord Ponsonby trouvait admirable cette énergique justification des événements qui avaient amené la séparation du nord et du midi des Pays-Bas.

(2) Cette situation suscita quelques rivalités. Nous avons dit précédeinmeot que le régent, ne voyant de salut pour la Belgique que dans une combinaison française, avait longtemps résisté avant de laisser entrer simultanément dans le conseil MM. Lebeau et Devaux. Lorsqu'il s'agit de mettre à exécution le décret adopté, le 2 juin, par le Congrès, M. Lebeau dut exiger du régent que MM. Devaux et Nothomb fussent chargés de la négociation : ce dernier fut nommé malgré le régent qui, inspiré par certaines influences, le trouvait trop jeune et trop compromis dans la question du Luxembourg. Mais à peine M. Nothomb était-il à Londres, qu*il reçut subitement (le 10 juin) un ordre de rappel. L'ho-

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