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reiice tenue le 23 juin au Foreign-Office ; alors il proposa lui-même la rédaction qui devint Tart. 4 du traité des dix-huit articles. Ce fut là une immense concession.
Le 11 juin aussi, tandis que M. De vaux se trouvait chez le prince Léopold à Marlborough-House, M. Nothomb avait une nouvelle conférence avec lord Palmerston au Foreign-Office. Le ministre anglais revint sur l'échange du Luxembourg contre la plus grande partie du Limboui^. Le négociateur belge répondit que c'était impossible. Il demanda une explication du protocole du 21 mai, qu'il qualifia d'amère dérision, de piège dressé au prince Léopold, aux Belges et peut-être au cabinet britannique. Il insista pour la mise hors de cause de la question du Luxembourg. <c Ce préalable est indispensable, » disait-il, a pour que le gouvernement belge puisse ouvrir une négociation sur le Limbourg sans craindre de nouvelles embûches. » On vint annoncer que tous les ministres plénipotentiaires étaient arrivés. M. Nothomb voulut se retirer. Lord Palmerston le pria de résumer leur conversation, ce que le négociateur belge crut devoir refuser ; lui-même prit alors la plume et écrivit une note qui portait en substance : « J'ai vu » les commissaires belges : leurs pouvoirs dérivent^de » l'art. 2 du décret du 2 juin, ils ne peuvent en avoir » de plus étendus. Le gouvernement belge, d'après les » lettres du général Belliard et de lord Ponsonby, » regardait la question du Luxembourg comme déjà ^ réduite d'une question d'argent, et s'étonne de
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» rinterprétation donnée au protocole n"* 24 (le pro- » tocole du 21 mai). »
Le 14 juin, après de nouvelles entrevues avec le prince Léopold et les deux principaux membres du cabinet britannique, ceux*ci admirent le système des enclaves comme base d'une négociation nouvelle. Une conversation, que les négociateurs eurent le même jour avec M. de Wessenbei^, ambassadeur d'Autriche, leur prouva que la conférence était pressée d'en finir ; qu'elle cherchait un expédient, une issue pour reconnaître le prince Léopold.
Lorsque les commissaires belges eurent fait connaître leurs vues à M. de Wessenberg (mise hors de cause de la question du Luxembourg ; négociation pour le Limbourg), l'ambassadeur d'Autriche leur dit à plusieurs reprises, en regardant la carte déployée devant eux : « Vous ne pouvez céder le cours de la Meuse. » Il paraissait reconnaître, dans cette entrevue officieuse, qu'il était impossible d'établir une contiguïté de territoire entre Maestricht et Venloo, au profit de la Hollande. L'un des négociateurs rappela ce qui s'était passé sous Joseph II après le traité de Fontainebleau. Ce traité stipulait aussi la contiguïté de territoire ; Joseph II s'y refusa. Le gouvernement belge voulait suivre la même politique.
Les négociateurs belges reconnaissaient donc la nécessité de dégager avant tout la question du Luxembourg. Le 14, ils avaient remis au prince une note purement confidentielle et privée sur cet objet. C'était le résumé de leurs conversations. Le prince devait
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s'en servir comme d'un guide et conférer sur cette pièce avec lord Palmerston, sans dire de qui il la tenait et sans s'en dessaisir. Cette note tendait à obtenir de la conférence une déclaration par laquelle la question du Luxembourg serait distraite de la question belgehollandaise comme étant d'une nature différente. La conférence, si elle le préférait, pouvait déclarer aussi que, par le mot compensations , elle avait entendu des indemnités pécuniaires.
Une pareille déclaration serait de nature, croyaiton, à faire disparsûtre les plus grandes difficultés de la question belge, qui, se trouvant réduite à la contestation relative à la limite du nord, serait susceptible d'une solution prompte et satisfaisante.
L'ajournement de cette solution maintenait l'Europe dans un état d'inquiétude et d'irritation, qui était désastreux pour la France et l'Allemagne aussi bien que pour la Hollande et la Belgique. Or, le prince Léopold plaçait les puissances entre le refus absolu de la couronne de Belgique ou l'acceptation à telles conditions. Ce que la conférence craignait par dessus tout, c'était précisément le refus du prince, l'impossibilité d'une solution pacifique de la question belge. Le 15, le prince, d'accord avec les négociateurs, avait présenté son ultimatum à la conférence ; il consistait dans les huit premiers articles des bases de séparation du 20 janvier, modifiés ou expliqués dans le sens le plus favorable aux Belges ; ce système maintenait la conservation du Luxembourg, et, quant au Limbourg, aboutissait, au pis aller, à la perte de Venloo. Il s'agis-