‹ Le Congrès national de Belgique, 1830-1831Chapitre 262 sur 329 · RETOUR DE LA DÉFIJTATION S7S · texte numérisé non relu

RETOUR DE LA DÉFIJTATION S7S

» propose, je considérerai les diflS^cultés comme levées » pom* moi, et je pourrai me rendre immédiatement » en Belgique. Actuellement, le Congrès pourra d'un » coup d'œil embrasser la position des affaires. Puisse » sa décision compléter Tindépendance de sa patrie, » et par là me fournir les moyens de contribuer à sa » prospérité avec le dévouement le plus vrai !

» Monsieur le régent, veuillez agréer l'expression » de mes sentiments distingués.

» Lëopold.

» Londres, le 26 juin 4834. »

Le prince envoyait en même temps une réponse bienveillante à l'adresse de félicitations qui lui avait été adressée par la régence de Bruxelles. Il promettait, si les événements politiques le conduisaient bientôt dans la capitale de la Belgique, de prouver, par les soins les plus assidus et les plus constants, sa vive sollicitude pour le bien-être et la prospérité des habitants.

Les députés dû Congrès et les commissaires du régent quittèrent Londres à minuit. Débarqués à Ostende le 27 juin dans la soirée, ils partirent immédiatement pour Bruxelles, à l'exception de M. Devaux qui s'arrêta à Bruges.

Le 28, à onze heures du matin, M. Nothomb remit le tr«Qté des dix-huit articles aux ministres, réunis en conseil dans l'hôtel du régent. Pendant les cinq derniers jours, MM. Devaux et Nothomb avaient été tellement absorbés par les négociations, qu'il leur avait

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été impossible de continuer leur correspondance avec le ministre des affaires étrangères. Les propositions définitives de la conférence vinrent donc en quelque sorte le surprendre. M. Nothomb fit connaître au régent et à son conseil le résultat de la négociation, la réception solennelle de la députation du Congrès par le prince et son acceptation conditionnelle de la couronne. M. Nothomb donna ensuite lecture des dix-huit articles. M. Barthélémy, ministre de la justice, rompit le premier le silence pour s'écrier: « C'est » plus beau que la Belgique de Marie-Thérèse I » Cet excellent vieillard, voyant surgir la Belgique indépendante après avoir connu la Belgique autrichienne, fut le seul qui exprimât hautement son approbation. Les autres membres du gouvernement paraissaient indécis. Cependant le temps pressait : le Congrès se réunissait à une heure, et il était impossible de ne pas céder à son impatience. La veille môme, le ministre des affaires étrangères avait été vivement interpellé pour qu'il fît connaître immédiatement les résultats des négociations tentées à Londres. Quoique le traité se présentât sous l'aspect le plus favorable, le conseil devait avoir le temps de l'étudier ; s'il avait pu gagner vingt-quatre heures, il aurait pu prendre une véritable résolution. Cette initiative vigoureuse eût été nécessaire pour rassurer les populations surexcitées par les plus sinistres prophéties, par les déclamations les plus violentes contre la prétendue trahison du gouvernement. Le conseil se contenta de décider que le traité serait immédiatement commu-

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nique au Congrès, mais que le rapport du ministre des affaires étrangères ne contiendrait pas de conclusions pour ou contre. Quoique les circonstances justifiassent ^ans doute la détermination prise par le conseil, elle était regrettable. En effet, cette attitude incertaine devait naturellement contribuer à rendre plus difficile la nouvelle épreuve qui attendait le gouvernemenl et la majorité de l'assemblée nationale.

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