CHAPITRE XII
Le 28 juin, quelques heures après le retour des commissaires du régent et des députés du Congrès, la séance de l'assemblée nationale avait été ouverte. Une foule inquiète et agitée se pressait dans les tribunes ; Tanxiété n était pas moins grande parmi les députés.
Cédant à l'impatience générale, M. de Gerlache se hâta de rendre compte des résultats de la haute mission dont il avait été chaîné. Il donna lecture du discours qu'il avait adressé au prince Léopold en lui remettant le décret d'élection, de la réponse du prince et de sa lettre au régent dans laquelle il annonçait l'intention de se rendre en Belgique aussitôt que les propositions de la conférence seraient acceptées par le Congrès.
Aux termes du décret du 2 juin, le ministre des affaires étrangères aurait pu attendre jusqu'au 30 pour faire .son rapport sur les résultats des négociations ; mais il avait cru de son devoir de n'apporter aucun retard à des communications que l'état du pays réclamait si vivement. En conséquence,
M. Lebeau, prenant la parole après le président du Congrès, fit connaître les pouvoirs donnés, sous la date du 5 juin, à MM. Devaux et Nothomb ainsi que les pièces qu'ils avaient été chaînés de lui remettre. C'était d'abord une lettre signée par tous les membres de la conférence et conçue en ces termes :
« Monsieur,
» Nous avons eu l'honneur de recevoir la lettre, en » date du 5 juin, que MM. Devaux et Nothomb nous » ont remise de votre part, et nous croyons devoir » vous adresser en réponse les articles ci-joints que » la conférence de Londres vient d'arrêter, pour être » communiqués aux deux parties intéressées.
» La conférence considérera ces articles comme non » avenus, si le Congrès belge les rejette en tout on en » partie.
» Agréez, etc.
» ESTERHAZY, WeSSENBERG.
» Talleyrand.
» Palmerston.