VOYAGE TRIOMPHAL DE LÈLU
tien du Congrès, de MAf. Lehon, Vaa Praet et Vanderstraeten-Ponthoz. Des piquets de cavalerie, fournis par la garnison de Calais, escortaient la voi* ture royale.
Après avoir traversé Dunkerque, Léopold arriva bientôt sur la limite qui sépare la France de la Belgique. Une députation, envoyée par le régent, l'y attendait. Elle était composée de plusieurs généraux et de M. de Sauvage, ministre de l'intérieur. Le général de Wautier, commandant la l*^ division militaire et larmée des Flandres, salua le roi, au nom de l'armée. Le roi répondit : « Je reçois avec plaisjr l'as- » surance des bons sentiments de l'armée. Je n'en ai » jamais douté. Aussi, si, contre mon attente et mes » désirs, nous étions obligés de recourir aux armes, » je me mettrais à sa tête ; je compte entièrement » sur son courage et sur sa fidélité. »
Cette première entrevue des autorités nationales et du nouveau roi sur les bords de l'Océan^ par un radieux soleil de juillet^ en présence des représentant» d'un peuple ami, porta l'émotion dans tous les cœurs.
Le générai Beiliard prit congé du roi Léopold, et ce prince entra dans le pays qui l'adoptait, accompagné de la députation du Congrès, escorté par la joie des populations. Dès ce moment, le voyage du roi fut une
44 juin : « Les affaires de Belgique me inetlenl dans le cas de voir y» souvent le prince Léopold, el comme votre nom a été plusieurs fois » répété dans nos entretiens, je dois vous dire aussi que j*ai mandé aa » général Sébastiani que, si les uffaires s'arrangent, le prince désirey» rait que vous fussiez accrédité auprès de lui à Bruxelles. »
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véritable ovation. Partout les habitants des campa* gnes accouraient pour souhaiter des destinées heu* reuses au prince qui venait consolider l'indépendance el les libertés des Belges. La première localité où le cortège royal s'arrêta fut la petite ville de Furnes. Léopold y fut accueilli avec un enthousiasme sincère, car il était tout à fait spontané. Aucune instruction n'avait été donnée par le gouvernement, aucun programme n'avait été tracé ; les populations avaient été livrées à elles-mêmes. L'espérance, l'allégresse, le bonheur étaient peints sur tous les visages. On enten«dait s'écrier dans la foule : « Celui-là est bien à nous ; n ce n'est pas l'étranger qui l'impose ; et ce n'est pas » pour l'étranger qu'il régnera ! »
A mesure que le roi avançait dans le pays, l'enthousiasme augmentait. Lorsque le cortège arriva à Ostende, vers six heures et demie du soir, la voiture royale fut aussitôt dételée et traînée par des hommes du peuple. Devant Téglise paroissiale de Saint-Pierre se trouvait l'évêque de Gand, revêtu de ses habits pontificaux; il offrit au futur souverain les hommages et les vœux du clergé catholique.
Le 18, au matin, le cortège fut aux portes de la ville de Bruges. Cette vieille cité fît au premier roi des Belges un accueil dont la pompe rappelait l'époque glorieuse et prospère des ducs de Bourgogne. On remarqua le discours prononcé, au nom du clergé, par M. l'abbé Defoere. « Sire, » dit-il, a le clergé de » la ville de Bruges éprouve un sentiment profond de x> bonheur en offrant les prémices de fidélité et de