‹ Le Congrès national de Belgique, 1830-1831Chapitre 8 sur 329 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

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forteresses élevées par la Sainte- Alliance. Elle est la meilleure solution du problème politique qui a préoccupé les cabinets pendant deux siècles ; elle réalise, enfin, la sage pensée des hommes d'État les plus célèbres de l'ancienne république des Provinces-Unies, en même temps que le rêve patriotique des générations qui se succédèrent sur le sol belge depuis le règne désastreux du successeur de Charles-Quint.

Nous avons dû montrer les bases vicieuses du royaume des Pays-Bas et signaler les écueils contre lesquels le gouvernement de Guillaume I"' vint se briser par son imprudence et son obstination. Mais, tout en prouvant la légitimité de la révolution belge, nous avons pensé qu'il n'était pas nécessaire d'injurier le peuple hollandais. Ce peuple est digne des sympathies des nations libres et éclairées. Petit par le nombre, il est grand par les œuvres qu'il a su accomplir. Son histoire, l'histoire de l'ancienne république des Provinces- Unies, est un éclatant témoignage de son génie, de sa valeur, de sa persévérance dans les grandes choses. Un coin de terre, arraché à l'Océan, devint le centre du commerce du monde et l'asile de la liberté civile et religieuse. La Hollande triompha de l'Espagne, balança la puissance de l'Angleterre, lutta contre Louis XIV. Ses armées furent commandées par Maurice et Frédéric-Henri de Nassau, dignes de consolider l'œuvre de

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Guillaume le Taciturne ; ses flottes eurent pour chefs Tromp, Heemskerk, Ruyter, Opdam ; sa politique fut dirigée par des hommes d'État profonds et austères, Bameveldt, Jean de Witt, Heinsius ; sa diplomatie fut seule eu état de lutter contre la diplomatie française. Un peuple qui a su s'élever à cette hauteur peut assurément commander le respect. Il ne faut oublier ni méconnaître les services qu'il a rendus à la liberté générale, à la civilisation.

Trois faits principaux dominent et caractérisent l'histoire du Congrès national de Belgique. Ces trois faits sont : la reconstitution de la nationalité belge ; l'avènement d'une dynastie, gardienne de l'indépendance reconquise ; l'établissement d'une monarchie démocratique, sans précédents en Europe.

La Belgique reprit au xix® siècle l'initiative qui lui avait appartenu pendant le moyen âge, lorsqu'elle égala l'Italie, lorsqu'elle surpassa les autres peuples par ce génie mâle et libre qui resplendissait dans la puissance de ses communes.

Nous habitons \me vieille terre de liberté qui a toujours été mortelle pour le despotisme. Il faut remonter bien au delà de 1830 et de 1815 pour trouver les fondements de notre droit constitutionnel.

Dans les Pays-Bas, après comme avant le xvii« siècle, le souverain n'eut jamais qu'un pouvoir limité. Les

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anciennes chartes des provinces belges consacraient formellement les institutions représentatives. Chacune des provinces était représentée par des États qui participaient au pouvoir souverain ; ils jouissaient notamment du droit suprême de voter l'impôt. Un ministre de l'empereur Charles VI, le marquis de Prié, trouvait que ces États avaient presque autant de liberté et d'indépendance que le Parlement et la Chambre basse d'Angleterre.

Philippe le Bon, étant devenu possesseur de toutes les provinces belges (à l'exception de la principauté de Liège), chercha dans une représentation générale le lien qui devait les rattacher indissolublement à sa maison. La première assemblée des états généraux eut lieu à Bruxelles en 1465. Elle confirma l'hérédité de la souveraineté dans la maison de Bourg(^ne, ainsi que l'indivisibilité de son apanage.

Dès ce moment, le droit de la nation de se réunir en états généraux fut consacré comme un privilège constitutionnel. Les assemblées des états généraux devinrent, en effet, très-fréquentes ; on -en compta soixante et onze de 1465 à 1787 (1). Neuf appartiennent à la période des ducs de Boui^ogne; vingt-quatre

(l) Notice sur Us Mideiines assemblées nationales de la Belgique^ par M. Gachard, archiviste général du royaume. — Voir aussi notre Histoire des États généravx des Pays-Bas (4465-4790.)

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