‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 103 sur 366 · Antoine de Laval, ouvr. déjà cité, p · texte numérisé non relu

Antoine de Laval, ouvr. déjà cité, p

seigneur de Lautrec, se voulant justifier, trouva moyen d'aborder le roy, se plaignant du mauvais usage que Sa Majesté lui portoit. Le roy lui feist réponse qu'il en avait grande occasion, pour luy avoir perdu un tel héritage que le duché de Milan. Le seigneur de Lautrec lui feit response que c'estoit Sa INlajesté qui l'avoit perdu, non luy ; et que, par plusieurs fois, il l'avoit adverty que s'il n'estoit secouru d'argent, il cognoissoit, qu'il n'y avoit plus d'ordre d'arrester la gendarmerie, laquelle avoit servy dix-huict mois sans toucher deniers, et jusques à l'extrémité ; et pareillement les Suisses qui mesmes l'avoient contraint de combattre à son désavantage : ce qu'ils n'eussent faict s'ils eussent eu payement. Sa Majesté luy répliqua qu'il avoit envoyé 400.000 escus alors qu'il les demanda. Le seigneur de Lautrec lui feit response n'avoir jamais eu ladite somme: bien avoit-il eu lettres de Sm Majesté, par lesquelles il luy escrivoit qu'il lui envoiroit ladite somme. Sur ce propos le seigneur de Semblançay, superintendant des finances de France, fut mandé, lequel advoua en avoir eu le commandement du roy, mais questant ladite somme preste à envoyer, M"' la régente, mère de Sa Majesté, auroit pris ladite somme de 400.000 escus et qu'il en feroit foy sur le champ. Le roy alla en la chambre de ladite dame avec visage courroucé, se plaignant du tort qu'elle luy avoit faict d'estre cause de la perte dudit duciié, chose qu'il n'eust jamais estimé d'elle que d'avoir retenu ses deniers qui avoientété ordonnés pour lesecoursde son armée. Elle, s'excusant dudit faict, fut mandé ledit seigneur de Semblançay qui maintint son dire estre vrai ; mais elle dist que c'estoient deniers que ledit seigneur de Semblançay lui avoit de longtemps gardés, procédans de l'espargne qu'elle avoit fait de son revenu ; et luy soustenoit le contraire. Sur ce diffi'rent furent ordonnés commissaires pour déciderceste dispute; mais le chancelier du Prat, de longtemps mal meu contre ledit sei-

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