LIVRE II
interminable débat juridique dont personne n'est dupe. — Tout cela est bien dans le caractère de Louise de Savoie et achève de nous la révéler. « L'esprit de cette princesse, quelque sage et avisée qu'elle fût, tenait un peu de la violence'. »
Cette viol(!nce, elle l'avait déjà fait paraître au sujet de l'évèque de Liège, et plus récemment, de Semblançay. Nous citerons à ce sujet du Bellay: ^< L'occasion pour laquelle on disoit que l'évèque du Liège avoit abandonné le service duroy étoitque ledit évêque désiroit être cardinal et le roy luy avoit promis de le favoriser pour effet; même en avoit écrit à la Sainteté du Pape, lequel luy avoit promis un chapeau pour un de ses serviteurs. Mais, quand ce vint à l'eft'et, l'archevêque de Bourges, frère du général Boyer, fut préféré audit évoque et disoit-on que ses serviteurs étant à Rome avoient vu entre les mains du ministre du pape lettres écrites de M""" la régente à Sa Sainteté, par lesquelles elle supplioit que quoy que le roy écrivît, il eut à préférer ledit Boyer, archevêque de Bourges. Ledit évêque du Liège prit l'occasion de son mécontentement là-dessus et s'en alla au service de l'Empereur... )) Le récit sur Semblançay est encore plus typique. (( Le seigneur de Lautrec, après avoir veu son entreprise de Laudes rompue, son armée ruinée et les Vénitiens qui desjà s'ennuyoient de soutenir le reste de son armée en leur pays parce qu'il n'y avoit point de payement se retira en France. Le seigneur de Montmorency, voyant lesdits Vénitiens de mauvaise volonté, s'en alla à Venise pour trouver moyen de maintenir la Seigneurie à la dévotion du roy. Le seigneur de Lautrec, de retour en France, si le roi lui feist mauvais recueil il ne s'en fault étonner, comme à celui qu'il estimoit avoir par sa faulte perdu son duché de Milan ; il ne voulut pas parler à luy; mais le