‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 12 sur 366 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

cousins germains et dispensa aussi sur ce que le dit comte Charles étoit le filleul de ma dite dame de Bourbon. »

Michelet, qui a le connétable en horreur, écrit encore à son sujet avec une véhémence qui n'admet pas de réplique : « Fils d'une Italienne, d'un Gonzague, il était, de sa mère, tout Gonzague, fort peu Montj)ensier. — Les Montpensier sortaient du troisième iils d'un Bourbon ; les Bourbons, comme on sait, descendent d'un sixième fils de saint Louise Cette branche, peu riche, était vouée à la guerre; ils servaient de généraux. Le père du connétable mourut vice-roi de Naples. — Autre n'était la condition des Gonzague, marquis de Mantoue. N'ayant qu'une place, mais forte, qui est la première de l'Italie, ils gagnaient en se louant comme généraux, aux papes, àYenise,auroi de France. Princes et condottières (comme les ducs d'Lrbin et de Ferrare), ils faisaient, ils vendaient des soldats, les disciplinant, puis les vendant pour quelque argent. Si petits, ils n'en avaient pas moins une ambition immense, des vues lointaines et ténébreuses. Ils avaient alliance avec le Sultan, alliance en Allemagne, dans les pays riches en soldats oij l'homme est à bon marché. Ils avaient marié de leurs filles aux princes soldats de Wurtemberg et de Brandebourg, une en France à ces Montpensier. Plus tard, un Gonzague devenu par mariage duc de Nevers figura dans nos guerres civiles. — Leur prévision les servit bien. Les Montpensier, pour être cadets de cadets, n'en avaient pas moins de belles chances. Les races princières s'usant si vite, ils pouvaient se trouver bientôt derniers héritiers des Bourbons, et (qui sait) comme Bourbon, peut-être arriver jusqu'au trône-. »

Vraiment il est bien difficile de croire, pour peu que

1. Pour la chronologie des tout premiers Bourbons, voir A. Chazaud, Etude sur la chronolorjie des sires de Bourbon, Moulins, MDCCGLXV.

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