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mariage, serait la plus forte du royaume après la sienne, et représentait qu'au contraire celle d'Alençon le serait beaucoup moins, puisque, dans tous les cas, ses terres resteraient trop éloignées les unes des autres pour que le danger fût aussi grand. « Il faut savoir, dit Michelet, l'énormitédu royaume que ce Bourbon avait en France. 11 réunissait deux duchés, quatre comtés, deux vicomtes, un nombre infini de châtellenies et de seigneuries. Son bizarre empire ne comprenait pas seulement le grand fief central et massif du Bourbonnais, Auvergne et Marche (plusieurs départements), mais des positions excentriques fort importantes, le Beaujolais, le Forez, les Dombes, trois anneaux pour enserrer Lyon, les rudes montagnes d'Ardèche, Gien pour dominer la Loire, puis, tout au nord, Clermont et Beauvoisis. On comprend à peine un damier de pièces si hétérogènes. Ce qui l'explique, c'est qu'une bonne partie venait des confiscations diverses de Louis XI qu'il mit aux mains qu'il croyait sures, celles de sa fille et de son gendre. Sinistres dépouilles des Armagnacs et autres, prises aux traîtres et qui firent des traîtres ^ »
Le roi, ayant accordé son consentement en janvier 1504, la veuve du duc Pierre envoyâtes seigneurs de Dyors et de la Mothe en Normandie annoncer au duc d'Alençon que le mariage était rompu. Ils expliquèrent qu'Anne de France avait dû agir de la sorte à son regret sur l'instance répétée des serviteurs et des habitants de ses terres; ils invoquèrent enfin le bon plaisir du roi. Le duc d'Alençon comprit que le mieux était de ne pas récriminer et s'inclina. Le contrat de mariage un fois dressé, les jeunes gens furent mariés par Georges d'Amboise, cardinal de Rouen et légat de iM-ance, « lequel dispensa sur le lignage d'entre mon dit sieur le comte Charles et ma dite dame Suzanne de Bourbon qui étoient cousins seconds enfants de deux