‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 120 sur 366 · Dépèche de Louis de Praët à Charles-Quint, 9 août · texte numérisé non relu

Dépèche de Louis de Praët à Charles-Quint, 9 août

3. Baumgartem s'étonne {Gesichte Karl V, 1885, t. I) aussi que le roi ne l'ait pas fait arrêter.

4. On a dit que François I" aurait promis au connétable de lui faire rendre ses biens, mais que le Parlement en aurait oi-donné la confiscation. La promesse du roi me semble fort peu croyable. La Mure, qui en parle (1. III, ch. xxix), s'exprime ainsi : «Mais le connétable se voyant, par le susdit séquestre, dépouillé de la jouissance de ses plus

Il servit cependant encore une fois en allant attaquer une bande d'aventuriers qui ravageaient, sans rencontrer d'obstacles, les bords de la Champagne et de la Bourgogne, du côté de Paris. C'est après les avoir dispersés qu'il retourna dans le Bourbonnois^ Son parti paraît alors avoir été pris. Il proclame bien haut qu'il renverra sous peu à François I" son collier de l'Ordre de Saint-Michel et son épée de connétable, parce qu'il aime mieux vivre pauvre liors de France que d'être si peu estimé dans le royaume'. Il allait être fixé définitivement sur les dispositions de François I"" à son égard par la visite de deux gentilshommes de la cour qui vinrent le trouver dans son château de Moulins. Lun d'eux était Saint-André. Le connétable lui demanda tout d'abord ce que décidément le roi comptait faire et les paroles qu'il avait pu lui entendre prononcera son sujet. Saint-André répondit que François F' n'aspirait pas à ses héritages et serait plus disposé à les lui donner qu'à les lui prendre. 11 lui proposa aussitôt de porter une lettre au roi pour le remercier de ses bonnes paroles ; mais les deux gentilshommes refusèrent l'un et l'autre de s'en charger '. Il reconnut bien alors que le roi ne les avait chargés d'aucun message de ce genre et qu'ils étaient venus surtout pour se rendre compte de ses forces, en qualité d'espions ; il les traita

grands biens qui étoient ceux de la succession de la maison de Bourbon et, d'ailleurs, étant frustré de ses pensions qui lui avoient été depuis longtemps déjà rayées, ne put ajouter foi à ces promesses du roi. Il témoigna à ses amis qu'il étoit bien plus aisé à Sa Majesté de faire cesser ces poursuites contre lui que de le rétablir après un arrêt ol)tenu à son préjudice. »

1. Michelet dit gratuitement, sans fournir aucune preuve, qu'il dut s'aboucher avec cette bande d'aventuriers et s'en servir dans la suite. Tous les historiens du temps, au contraire, établissent qu'il la combattit et en vint à bout.

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