LIVRE I
« Le prévoyant Louis XI, ayant fauché les autres, avait laissé non sans regret ces Bourbons debout. 11 voyait que Taîné mourait, et au cadet, Pierre de Beau jeu, pour le ruiner plus sûrement, il avait donné sa lille. Pierre, vieux, maladif, était médiocre en tous sens. Le bon roi calcula qu'à nourrir les enfants qui en viendraient, la dépense ne serait pas forte. Il tira de Pierre l'engagement précis qu'à sa mort tout reviendrait au roi. Il avait calculé sans sa fille, autre Louis XI, non moins absolue que son père, qui, pensant bien que son frère le petit Charles VIII lui échapperait bientôt, voulut se garder un royaume dans le royaume en maintenant celte puissance de Bourbon ([ue, par elle, Louis XI avait compté détruire. Elle fit signer à son frère des lettres qui annulaient son contrat de mariage. De ce triste mariage, il y avait pourtant une fille faible et contrefaite. On ne la maria pas moins au second fils d'un Montpensier, Charles ( Montpensier-Gonzague), orphelin de père et de mère, qu'Anne de Beaujeu adopta, éleva, et dont elle fit Thomme brillant, dangereux et fatal qui faillit perdre la France. Rien ne fut plus irrégulier. La petite fille, bossue, qui n'avait pas quatorze ans, fit à son jeune mari la donation de cette succession qui, autrement, revenait à la couronne'. »
Qu'y a-t-il là d'injuste? Encore une fois, la politique des Bourbons, en dehors de toute arrière-pensée, était de ne pas laisser s'aliéner leurs biens ; le duc d'Alençon avait été repoussé parce que les terres lui seraient revenues au cas où il eût épousé Suzanne, ce qui montre que dans cet héritage il n'y avait aucune illégalité; il y eut simplement une entente naturelle de l'intérêt de famille. A moins de le vouloir contre tout bon sens, il est impossible d'y voir une sorte de prélude à la trahi-
était eu somme très logique ? Le roi était le premier gentilhomme da royaume.