LIVRE II
Voilà pourquoi je suis venu dans cette petite maison en attendant que le roi me veuille bien entendre. Je connais ceux qui mont accusé près de lui et qui en ont menti, c'est Popillon, Chancelier du Bourbonnois, c'est d'Escars qui a voulu se mettre bien en cour, c'est Argouges, c'est Matignon, deux Normands qui ont fait des rapports que je saurai démentir, — Personne, Monseigneur, n'en sera plus aise que le roi'. » Warthy lui répéta également ce qu'avait dit le roi à ce sujet. « Je suis las, termina alors Bourbon, et malmené, je désire reposer*. »
Warthy une fois écarté, le connétable tint conseil avec les siens, aim de savoir s'il s'enfermerait dans Chantelle et s'y défendrait jusqu'à la venue des alliés, comme il avait été décidé d'abord. Mais, à l'examen, on avait reconnu la place moins forte que l'on ne pensait, malgré ses quinze pièces d'artillerie, surtout très diflicile à défendre ; on jugea qu'il serait imprudent d'y demeurer et on résolut de se réfugier dans les montagnes du centre, sans doute à Cariai. Warthy, qui avait été emmené dîner par les gentilshommes de la maison, revint sur le tard. « Voici une lettre ouverte, dit le connétable, que vous porterez au roi en me recommandant très humblement à sa bonne grâce. En voici deux autres que vous remettrez à M. le grand maître et à M. de Chabannes. Et je donne ma parole de ne pas bouger d'ici avant demain, deux heures après-midi, pourvu qu'on avertisse l'armée de ne pas avancer. Si plus tard je sors de ce lieu, ce sera pour aller à cinq ou six lieues de là. — Et où vous en irezvous. Monseigneur ? interrogea W^arthy; serait-ce hors du royaume? Vous le tenteriez en vain; le roi y a pourvu. — Non, non, je n'entends pas sortir, répondit le connétable; j'ai ici assez d'amis et de serviteurs -K »
Peut-être avait-il à nouveau l'idée d'attendre ; il est