‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 146 sur 366 · Id., f" 35 v · texte numérisé non relu

Id., f" 35 v

d84 LE CONNÉTABLE DE BOURBON

plus probable qu'il voulait donner le change à tout le monde. Il espérait sans doute cacher ses traités avec l'ennemi, ne pas les ratifier ou, du moins, n'en pas exécuter une des clauses principales, et sans que Charles-Quint ou Henri VU! puisse le lui reprocher, puisqu'il s'en allait ainsi force par les circonstances. Il demandait asile à l'étranger afin de ne pas souffrir plus longtemps les injustices de son roi. 11 ne comptait nullement sur le succès de la lettre qu'il lui avait envoyée et ne l'avait fait que pour régulariser, en somme, les débats de cette affaire, par coquetterie, jieut-ôtre aussi cependant en pensant que, si le roi donnait droit à sa requête, il pourrait revenir; en attendant cette éventualité peu probable, le mieux était de se mettre en sûreté. — Voici les dernières lettres du connétable Charles de Bourbon avant qu'il ne quittât le sol de sa patrie :

« .4 mou très redouté et souverain Seigneur

MONSEIGNELR,

Je vous ay escript bien amplement par Perrault d'Orty (de Warthy). Depuis je vous ay dépesché M. d'Ostun pour de tant plus par lu y vous faire entendre la volonté que j'ayde vous faire service. Je vous supplie,. INlonseigneur, le vouloir croire de ce qu'il vous dira de par moy et vous asseurez sur mon honneur que je ne vous feray jamais de faute. Monseigneur, je prie Dieu vour donner très bonne vie et longue.

Escript de nostre maison de Chanteile, ce septième de septembre. Vostre très luuiible et très obéyssant subjectet serviteur.

Charles ^ »

1. « Vostre très bumble », etc., de la main du connétable (Mss. D, 484, f° 35).

LIVKE II

A celte lettre était joint une sorte de petit mémoire de la main du connétable: <« ... Mais qu'il plaise au Roy luy rendre ses biens; M^'. de Bourbon promet de bien servir le roy et de bon cœur, sans y faire faute, en tous endroits oiiilplaira à mond. seigneur, toutes et quantes fois qu'il luy playra et de cela il l'enasseure jusquesau bout 1. ))ll croyait si peu à toutes ces promesses qu'il dit à l'évoque d'Autun en se séparant de lui : « Adieu, mon évèque, je m'en vais gagner Cariât, et de Cariât je me déroberai pour m'acheminer en Espagne. » — Voici les autres lettres :

<( A la Reine

Madame,

Par M. de Montare serez advertie de mon inconvénient, que j'estime bien grand, et mesmement destre en la malo grâce du roy. Je vous supplie très humblement me vouloir estre aidante envers mondit seigneur à ce qu'il luy plaise me pardonner les faultes que je luy pourrois avoir faictes : Et avec les biens et honneurs qu'il vous a pieu me faire, cettuy m'obligera de plus en plus à vous faire service, comme j'y suis tenu. Madame, je prie rs'ostrc-Seigneur vous donner bonne vie et longue.

De ce lieu.

Vostre très humble et tiès obéissant subject et serviteur,

Charles.

A ma très redoubtée et souveraine dame. »

i. « Vostre très humble », etc., de la main du connétable (Mss. D, 4S4, f» 35).

« A Madame la Régente, Madame,

Je croy que sçavez assez mon inconvénient quiestle plus grand qui me sçauroit advenir, qni est d'eslre en la maie grâce du roy. Je vous supplie très humblement, Madame, qu'il vous plaise estre mon advocate et aidante envers mondict seigneur, à ce qu'il luy plaise me pardonner les faultes que je lui pourrois avoir faictes, et par vostre bon moyen, comme toute mon espérance y gist, mettre ordre à cettuy affaire; et aussi que le bon plaisir de mondict seigneur soit et à vous aussi me laisser mes biens en seureté. Car, Madame, mon intention est et sera mettre ma vie et mesdicts biens au service de mondict seigneur et cela, tant que vivray, n'y aura faulte. Madame, je vous donne beaucoup de peyne ; mais l'honneur et bien qu'il vous a pieu toujours me faire, et aussi l'envie que j'ay de vous faire service, me faict adventurer devons supplier le plus très humblement qu'il m'est possible avoir mondict affaire pour recommandé, comme plus amplement vous dira Montare. Madame, je prieNostre- Seigneur vous donner bonne vie et longue.

Vostre très humble et très obéissant cousin,

Charles.

A Madame. »

« A la diic/ies.se d'Alei^çon jNIadame,

Par Monsieur de Montare sçaurez l'ennuy, regret et mélancolie là oi!i je suis d'estre en la maie grâce du

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