LIVRE II
dant au cas impossible où le roi se rétracterait, surtout pour calmer ce qui lui restait de scrupules, afin de pouvoir se dire à lui-même et prouver que, jusqu'à la tin, il avait tout essayé.
L'évoque dAutun qui porta ces lettres plaida, lui aussi, la cause du connétable et soutint que le roi devait lui rendre ses terres le plus vite possible s'il ne voulait pas faire éclater en France la plus grande guerre qu'on eût encore vue'. Le Bâtard de Savoie l'arrêta et le retint prisonnier. Alors, comme il savait qu'il n'avait plus guère d'intérêt à défendre son maître, après avoir persisté d'abord dans un système de dénégations, il fit des aveux 2. — Chabannes, de son côté, avait envoyé le baron de Curton vers le connétable lui annoncer que l'on cédait à son désir et que l'armée envoyée à sa recherche ne dépasserait pas La Palice ; mais Curton, arrivant à Chantelle, apprit que le connétable était parti-'.
Il en était sorti le mardi 8 septembre, vers une heure du matin, douze heures donc après son arrivée et celle de Pérot de \Yarthy, monté sur une mule et suivi de 240 cavaliers. 11 emportait de 25 à 30.000 écus d'or placés dans ses sacoches, dont chacune était confiée à un homme de sa suites — Du Bellay — et ceci est très significatif — dit qu'il ne quitta Chantelle qu'après avoir appris l'arrestation de l'évêque d'Autun :
1. « Et ledict évesque d'Ostun, tournant son propos, dit que, si le roy vouloit, il seroit hors de ceste peine, en disant : Qu'il rende, qu'il rende à Ms' le connestable ses terres et ses greniers, et il se trouvera bien servi de lui. » (F" 68 r°.)