LIVRE II
roy ; vous suppliant, Madame, qu'il vous plaise mestre aidante envers mondict seigneur adce qu'il luy playse me pardonner la faulte que je luy pourrois avoir faycte et avec les biens, plaisirs et honneurs qu'il vous a pieu de vostre grâce me faire, me obligerez de plus en plus à vous faire service.
Votre très humble Cousin,
Charles.
A Madame ma cousine, Madame la duchesse d'Alençon. »
« Ai( Grand Maître
Mon Cousin,
Je suis en fort grand peine de ce que ne sçay si j'ay eu response aux lettres que avoie escriptes au roi et à vous ; vous priant m'y estre aydant, comme j'ay en vous ma parfaicte fiance ; à ce qu'il plaise à mondict seigneur me vouloir pardonner et à mes amis et serviteurs, comme je luy escrivois par M. d'Ouarty et par la charge que j'avoys donnée à M. d'Ostun. Et aussi que son bon plaisir soit me laisser mes biens en seureté et, de ma part, je luy donneray à congnoistre qu'il n'y a homme en son royaume qui ait plus d'envie de luy faire service que moy. Et de ce l'en asseurez ; car je n'y ferai faulte sur mon honneur et vie. Mon cousin, je prie Nostre Seigneur, qu'il vous doint ce que plus désirez.
Vostre cousin,
Charles.
<( Ai/ Maréchal île Cliabannes
Mon cousin,
Je suis en fort grand peine de ce que ne sçay si j'ay eu response aux lettres que avois escriptes au roy et à vous; vous priant m'y estre aidant, comme j'ay en vous ma parfaicte fiance, à ce qu'il plaise à mondict seigneur me vouloir pardonner et à mes amys et serviteurs comme je luy escrivois par M. d'Onarty.et par la charge que j 'avois donne'e à M. d'Ostun. Et aussi que son bon plaisir soit me laisser mes biens en seureté. Et de ma part je luy donneroi à cognoistre qu'il n'y a homme en son royaume qui ait plus envie de luy faire service que moy. Et de ce l'en asseurez car je n'y ferai faulle sur mon honneur et vie. Priant noslre Seigneur, mon cousin, vous donner de ce que vous désirez.
Vostre cousin et bon voisin, Chables'. »
Il y avait encore trois autres lettres, à sa sœur, Louise de Bourbon, duchesse de Lorraine, à du Prat et à Roberlet. Il priait sa sœur daller à la cour plaider sa cause et demandait à du Prat ainsi qu'à Robertet le même service ; pour ce dernier, il employait la formule finale qu'il réservait généralement à ses amis : « Vostre Bourbonnien, Charles. » On se demande, quand on lit ces lettres presque semblables, hâtivement dictées ou écrites, s'il n'essaya pas là quand même une dernière tentative désespérée au résultat de laquelle il ne pouvait croire, mais qu'il fit cepen-
1. Déposition de l'évèque d'Autun; lettres fournies par lui au procès (Mss. D, f" 2o et 26).