Ed. déjà citée, p
tous ses biens, le remboursement des sommes dues, et l'assurance quelles seraient payées avec exactitude. Bourbon se méfia justement. Il venait de trop souffrir pendant sa fuite et savait à quoi s'en tenir sur de semblables promesses; il (tait sûr de payer son retour de sa vie. « 11 est trop tard », répondit-il. Et comme l'envoyé royal lui demandait de rendre Tépée de connétable et le collier de l'ordre de Saint-Michel : (c Vous direz au roi qu'il m'a ôté l'épée de connétable le jour où il m'ôta le commandement de lavant-garde pour le donner à M. d'Alençon. Quant au collier de son Ordre, vous le trouverez à Chantelle sous le chevet de mon lit '. »
Il partit de Lièvre, traversa les Allemagnes et, au bout de six semaines, parvint à Trente. Il y resta deux ou trois jours et gagna Mantoue « où il fut receu du marquis en grande amitié, d'autant qu'ils étoient cousins germains, parce que la mère dudit duc de Bourbon estoit sœurdudit marquisdeMantoue, père d'iceluy'^ ». Le marquis lui fournit généreusement un équipage convenable, accompagné duquel il gagna Crémone et Plaisance où vint le retrouver Charles de Lannoy, vice-roi de Naples ^.
La devise particulière du connétable était figurée par un cerf volant dans les ailes duquel était écrit: Penctrabit^ « voulant dire qu'avec exli*esme diligence quiest désignée par l'agilité du cerf et par la légèreté de ses ailes, il viendroit à bout de ses desseins * ». La devise des Bourbons était simple et belle : Esprrance ! Charles la jugea faible et insuffisante ; surtout, il trouva qu'elle avait menti. Il en grava désormais une plus belle encore sur la lame de son épée, sombre, hautaine et dure comme lui : Omnis spes in ferro. Et devant tous