Mignet, ouvr. déjà cité
20i LE CONNÉTABLE DE BOURBON
Ecosse, alin d'inquiéter Henri VIII par une diversion, et en Italie pour s'emparer du Milanais. La défense du pays demeurait presque nulle ; à part quelques places de la frontière comme Boulogne ou Doullens, les villes de l'intérieur étaient hors d'état de résister, insuffisamment fortifiées ; l'ennemi pouvait marcher droit sur Paris sans rencontrer d'obstacles sérieux. LaTrémoille avait su résister à Douvres, mais les Anglo-Flamands avaient simplement passé outre, puis, après avoir brûlé Bray-sur-Somme, étaient entrés sans coup férir dans Roye et jNIontdidier ; leurs avant-gardes s'étaient ensuite portées jusqu'à Compiègne, Clermont-en-Beauvoisis et Sentis, attendant les lansquenets du connétable pour marcher sur la capitale. La garnison de Paris ne pouvait secourir les villes menacées. On enrôla un grand nombre d'habitants ; chaque jour on s'attendait à voir déboucher les Anglais dans la plaine Saint-Denis ; afin de mieux entendre les bruits qui avertiraient de leur approche, on interdit de sonner les cloches le jour de la Toussaint ^
François P'" envoya le duc de Vendôme et Chabot de Brion. Brion, le jour môme de son arrivée, se présenta au Parlement convoqué extraordinairement au nom du roi '. 11 y exposa de son mieux tout ce qu'avait de criminel et de dangereux la trahison du connétable devenu Penne nii du royaume et du souverain, menaçant à la fois le sol de la patrie et la couronne. « Il prétendit même que l'empereur, le roi d'Angleterre et le duc de Bourbon avaient projeté de partager le royaume lorsque le roi aurait passé les monts, que le duc de Bourbon devait faire couronner le roi d'Angleterredans Paris qui serait compris au lot de ce prince avec l'Ile de France, la Picardie, la Normandie et la Guyenne; qu'à l'empereur demeureraient la Bourgogne, la Champagne, le Lyon-