‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 160 sur 366 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

nais, le Dauphind, le Languedoc et la Provence ; que le duc de Bourbon aurait le Poitou, TAnjou, le Maine, la Touraine, le Berry, TAuvergne réunis à ses domaines patrimoniaux avec 150.000 éciis d'or que lui paieraient l'empereur et le roi d'Angleterre qui le reconnaîtraient et le laisseraient régent en France. Après avoir affirmé, au nom du roi, les particularités supposées de ce dépècement du royaume, afin de rendre plus odieux ce grand traître et les e une mis invétérés auxquels en était attribué le dessein, Chabot de Brion annonça que le roi s'occupait à délivrer ses frontières envahies. Il fit connaître les mesures militaires qu'il avait prises et il insista principalement sur l'importance qu'il attachait à la possession de Paris : « Le seigneur roi, dit-il, plutôt que de perdre Paris, aimeroit mieux se perdre lui-même. Il est délibéré de vivre et de mourir avec ceux de la ville de Paris, et s'apprête à les défendre. S'il en étoit empêché et n'y pouvoit venir en personne, il y enverroit femme, enfants, mère et tout ce qu'il a, car il est assuré que, quand il auroit perdu le reste du royaume et qu'il auroit la ville de Paris, il recouvreroit aisément ce qu'il auroit perdu. ^) Il dit, que le roi, resté encore à Lyon pour repousser les périls qui, de divers côtés, fondaient sur le royaume, consultait sa Cour de Parlement et lui demandait de pourvoir à la conservation de son Etat. Les présidents et les conseillers du Parlement répondirent qu'ils étaient prêts à faire pour le roi ce que leurs devanciers avaient fait en pareil cas pour les rois précédents, que ceux de la compagnie et ceux de la ville de Paris lui serviraient et lui obéiraient, qu'il leur déplaisait que messire Charles de Bourbon eût été si mal conseillé de prendre autre parti que celui du roi et que c'étaient là des matières de grosse importance auxquelles la cour ne saurait pourvoir. Ils ajoutèrent qu'ils accompliraient les volontés du roi comme de vrais et loyaux sujets y étaient

tenus' ». — On pourvut de suite à la défense de Paris ; on creusa des tranchées et on éleva des remparts. Une taille de 16.000 livres fut imposée aux habitants pour solder 2.000 hommes de pied ; on leva les francsarchers de la vicomte et de la prévôté; les chaînes de fer furent tendues aux lieux accoutumés ; les fauhourçrs de Saint- Denis et de Saint-Honoré et les enceintes des grands fossés furent fortifiées à nouveau.

A Lyon, François P'' ne se décidait pas encore. Ayant paré de son mieux au siège probable de Paris, il donna Tordre au grand-sénéchal de Brézé de lever 0.000 hommes de pied, de réunir tous les gentilshommes de Normandie et d'y ajoindre les lOO lances de la compagnie de Lude; il prescrivit de transporter d'Orléans à Paris 26 grosses pièces d'artillerie sur roues. Il avertit les comtes de Guise et d'Orval, lieutenants de Bourgogne et de Champagne, de veiller sur leurs provinces, d'en battre les campagnes et d'y entraver la marche des lansquenets; il leur envoyait quelques compagnies des troupes des ducs de Vendôme et d'Alençon; ils devaient retirer les vivres du pays plat, abattre les fours, démolir les moulins et rendre le pays presque désert'.

L'état intérieur du royaume l'inquiétait également, d'autant plus qu'il pensait la conjuration du Connétable très étendue; il redoutait que Bourbon eût beaucoup d'adhérents secrets prêts à se soulever en sa faveur au premier avantage ; et, afin d'être fixé sur ce point, il résolut d'agir de suite. 11 avait enfermé au donjon de Loches •', là même où Sforza fut si malheureux, Saint- Vallier, Aymard de Prie, les évêques d'Autun et du

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