LIVRE III
Puy, Popillon et d'Escars^ Le premier président du Parlement de Paris, de Selve, le président des enquêtes, de Lorg'Lies, le maître des requêtes, Salât, avaient été désignés par lui pour les juger. Ils procédèrent à leur mission avec une régularité que François 1" trouva trop lente; il fut même très surpris des ménagements témoignés envers les accusés^ et ne cacha pas son mécontentement ; il insista en montrant l'importance de la situalion et son danger: u Messire Charles de Bourbon est, avec un gros nombre d'Allemands, entré en armes dans la Bourgogne'\ leur écrit-il, les rois d'Espagne et d'Angleterre sont aussi en armes contre nous et nostre royaulme, à grande puissance ; sur le fondement de cette conjuration, prétendant y avoir des intelligences qui se déclareront quand ils seront dans le pays. Il est donc besoin que vacquiez à cette affaire avec la plus grande diligence et que tiriez la vérité deceux que vous avez entre les mains, par torture ou autrement, toutes choses assautes. V affaire en soi est privilégie e^ etiln'est pas requis dy garder les solemnitéz que Von fait en aultres cas. La vérité seue à heure et à temps, on pourra obvier à plus gros inconvénient, ce qui seroit impossible après que les fauteurs de la conjuration seseroient déclarés en portant faveur, aide et secours à nos ennemis. Nous vous prions derechef de bien peser cela et de nous oster de la peine oîi nous sommes^. »
Jusqu'alors on n'avait pas obtenu d'aveux importants de la part des prisonniers. Saint-Vallier cependant avait fait fort mauvaise contenance, surtout quand il
1. Lettre de Chabot; — Guiffrey, p. 25. — « Après un voj'age de quelques jours, on arriva enfin au château de Loches, le 18 septembre. >
2. Nous avons déjà fait remarquer que le Parlement n'était pas mal disposé à l'égard du connétable.