Guiffrey, p. lxiv
.3. Mss. D., 480, f" 41.
210 LE CONNÉTABLE DE BOCRBOiN
vraisemblable que Charles de Bourbon eût entrepris une telle folie s'il n'eut trouvé gens sur lesquels il comptât pour en conduire l'exécution... Afin que nous sachions à qui nous devons nous fier et de qui nous devons nous défier, il est besoin de connoitre ceux qui tiennent le parti dudit Bourbon... Advisez de mettre prompte fin en cette atTaire qui est de l'importance et conséquence que chacun connoit. Il ne faut y procéder froidement, mais virilement et vertueusement, et n'épargner ceux qui ont été si méchants, déloyaux, parjures et traîtres que de sçavoir, sans la révéler, la menée qui se faisoit et que nos ennemis exécutent pour ruiner entièrement nous, nos enfants, sujets et royaume ^ » Le roi ne semblait accessible à aucune clémence. On avait écartelé à Lyon un homme d'armes convaincu d'avoir trempé dans la conjuration^, Saint- Vallier l'apprit peut-être; c'est sur la menace de la torture qu'il avait d'ailleurs commencé à parler; mais il avait réussi à se taire depuis et avait nié savoir autre chose que ce qu'il avait déjà dit. On décida donc de recommencer et de le soumettre à la question ; mais on n'osa le faire sans l'avis des médecins qui déclarèrent qu'il succomberait dès les premières épreuves. Cela le sauva pour le moment. On lui relut ses propres dispositions et il en confirma l'exactitude, mais toujours sans rien révéler de nouveau. L'instruction se trouvait finie. — Les prisonniers furent transférés à Paris et arrivèrent à la Conciergerie le 23 décembre 3. Le 16 janvier, convaincu du crime de lèse-majesté, Saint- Vallier fut alors condamné à perdre tous ses biens et