LIVRE in
■lant la supplique propre à le toucher et ravertissemeut qui lui donnera de l'inquiétude au sujet de ses biens : <( J'ay le cœur si serré qu'il me crève, que je ne vous sais que je vous dois mander. Je vous requiers, ayez pitié de moi ! L'on m'a dit que l'on a demandé ma confiscation au roy, vous y adviserez, car le cas vous touclie'. )) Auprès de sa fille, il emploie la pitié filiale; elle est encore jeune alors et, >( accessible à ces délicatesses du cœur dont l'âge et les calculs de l'expérience devaient si bien l'affranchir plus tard' ». Dans aucune de ses lettres il ne cache qu'il a peur et qu'il renie au plus vite le connétable. En effet, après avoir affirmé ne rien savoir de la trahison, il entre tout à coup « dans la voie des aveux », espère se sauver en les faisant très complets, et ne ménage aucun de ceux qui conspirèrent avec lui; il raconte tout dans les plus petits détails. Il joue de la maladie que ses émotions lui ont causée avec un art consommé de comédien ; au fond, peut-être désirait-il en finir, sentant qu'il manquerait de courage s'il était condamné à la peine capitale. 11 était tombé tellement bas que le médecin qui le soignait, plusieurs fois consulté, diagnostiqua qu'il allait mourir si on ne le laissait pas dans un repos absolu '^
La situation des magistrats n'était pas facile, car le roi ne cessait de les presser et se montrait de plus en plus mécontent. « La conspiration, leur écrivait-il, déloyauté, parjurement et trahison de Charles de Bourbon est plus que notoire, puisqu'il est en armes contre nous et nostre royaulme avec nos ennemis ; mais ce qui est nécessaire à sçavoir et oîi gistle fondement de l'affaire pour la conservation de nous, de nos sujets, Estats et royaulme, est d'entendre quels sont ceux qui tiennent la main à ladite conspiration, car il n'est pas