‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 167 sur 366 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

à subir la peine de mort par décapitation; d'après un article secret iretcntnm) dont la lecture n'était jamais donnée aux condamnés, il était ordonné qu'il serait auparavant appliqué à la question extraordinaire '. Une fois la sentence décidée, le roi, qui en fut aussitôt averti, parut bien moins pressé-. Au contraire, du Prat, malgré le Parlement qui, à son tour, hésitait, malgré le nouvel avis des médecins, ordonna d'exécuter l'arrêt. Le Parlement pensa que la vue seule des appareils que comportait la question suffirait pour obtenir les révélations de Saint-Vallier ; mais l'effet produit fut tout ditTérent. Reprenant son honneur devant cette intimidatiou, il affirma qu'il ne savait rien de plus, qu'il avait tout dit et que la soutTrance ne lui arracherait aucun aveu contraire à la vérité.

La Cour se retira et revint lui annoncer qu'il allait être conduit en place de Grève. Il montra la même fermeté, dicta ses dernières dispositions par lesquelles il réglait ses dettes et assurait un souvenir à quelques vieux serviteurs qui lui étaient demeurés fidèles ; puis il se confessa. Et, comme un juge revenait ensuite l'exhorter à de nouvelles révélations, il répéta énergiquement qu'il ne savait rien d'autre et qu'il autorisait son confesseur à dire ce qu'il lui avait confié. A trois heures le cortège se mit en marche '-K Saint-Yallier, tête nue, les mains liées derrière le dos avec une robe d'ostade fourrée de renard jetée sur les épaules ^ s'avançait, hissé sur un cheval; un archer de la ville, en croupe, le soutenait ce à cause qu'il étoit foible et qu'il n'avoit voulu manger ni boire, depuis son dict arrest prononcé, par desplaisance ^ ». Le bourreau menait le cheval par la bride ; d'un côté se tenait le lieutenant criminel et de l'autre le curé Merlin sur une mule.

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