‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 177 sur 366 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

Ligue italienne, ne fournissaient même plus le contingent pécuniaire auquel ils étaient tenus pour la défense commune; enfin Adrien VI, chef de cette Ligue contre la France, était mort. Bonnivet espérait voir les Impériaux, découragés de leur situation périlleuse, se rendre, puis se dissoudre ; mais là encore, il ne sut pas profiter des circonstances et, par sa mollesse habituelle, perdit toute chance de succès. — Bonnivet s'est en elTet montré continuellement incapable au cours de cette campagne. Au contraire, le cardinal de Médicis, à peine élu sous le nom de Clément Vil, se joignit aux confédérés, les aida de son mieux et activa la guerre. — Le corps d'armée qui continuait le siège de Crémone, n'arrivant pas à s'emparer de la ville, Bonnivet le rappela afin de resserrer le blocus de Milan. Cependant, malgré les privations de plus en plus dures, le courage des Milanais ne faiblissait pas. Ils firent de fréquentes sorties, construisirent de nouveaux moulins à bras pour moudre le blé qui restait dans la ville. L'hiver arriva sur ces entrefaites, un hiver rigoureux qui couvrit de neige les campagnes lombardes; et Bonnivet apprit que les confédérés allaient faire marcher de sérieux renforts. La nouvelle était si vraie que la garnison espagnole de Pavie, aidée par les troupes pontificales que commandait le marquis de Mantoue, l'attaqua plusieurs fois de suite et le repoussa jusqu'au Tessin. Craignant de perdre les ponts qu'il y détenait, il donna l'ordre à Bayard et à Renzo dà Ceri de quitter Monza et de se porter à Abbiate-Grasso. Golonna fit aussitôt occuper Monza et la ville assiégée reçut des vivres qui la sauvèrent'. L'armée impériale s'était raffermie. Colonna devait bien succomber le 28 décembre, mais en ayant la consolation suprême de voir réussir ses plans; enfin, il savait qu'un homme de mérite allait commander les forces réunies de l'armée, le duc de Bourbon.

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