‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 191 sur 366 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

le duc de Suffolk, soit le chemin de Normandie afin de marcher droit sur la capitale, il ajouta encore : « F*aris an France est comme Milan en Lombardie. De même que, si Milan est pris, on perd tout le duché, de même, Paris pris, on perd toute la France'. » Quelques jours après cette entente, de plus en plus pressé par Richard Pace et reconnaissant qu'il n'y avait pas moyen d'agir autrement, à moins de compromettre la situation acquise, il consentit à prêter serment de fidélité à Henri VIII. " Cette grande trahison envers son pays qu'il allait envahir comme envers son prince qu'il voulait renverser du trône ne le troubla pas un seul instant. Dévot et vindicatif, il se confessa sans agitation, communia avec ferveur avant de passer la frontière et dit à Richard Pace en présence de quatre de ses gentilshommes : « Je vous promets, sur ma foi, de mettre avec l'aide de mes amis, la couronne sur la tète de notre commun maître'. » Je crois difficilement pour ma part qu'il agit de la sorte sans regret; ses hésitations et ses refus successifs nous ont montré en effet qu'il était absolument contraint à ne plus refuser; et dans son âme tourmentée la sombre joie de la vengeance devait €tre singulièrement alourdie par la tristesse de réaliser ses plans à travers de pareilles routes-'.

Près de deux mois, il était demeuré au pied des Alpes par manque d'argent. Avant môme de toucher ■deux traites de iOO.OOU ducats chacune que l'empereur lui avait envoyées sur Gènes pour payer la solde arriérée de ses troupes et mettre celles-ci en mouvement, il avait demandé — car ce fut bien lui qui fit tout le pian de cette campagne — que l'invasion de la France

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