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François P"' et, le 25 mai, concluront un nouveau traité contre lui. Le duc de Bourbon devait franchir les Alpes à la tête de son armée victorieuse dont l'empereur et le roi fourniraient à frais communs la solde ; et, tandis que l'empereur pénétrerait en France par le Roussillon, le roi enverrait en Picardie des troupes auxquelles se joindraient 3.000 chevaux et 1 .000 hommes de pied des Pays-Bas. Ils expédièrent en môme temps le premier secrétaire d'Etat anglais, sir Richard Pace, auprès de Bourbon afin d'obtenir de lui, définitivement cette fois, ce qu'il avait refusé à Beaurain et à Bussel ; l'un des articles du traité spécifiait même que Bourbon serait abandonné s'il ne prêtait pas serment deux jours après en avoir été requis. La condition était dure, Henri VllI en etTet exigeant non seulement qu'il le reconnût pour roi. mais encore qu'il s'engageât à lui procurer la couronne de France une fois qu'elle serait tombée de la tête de François P' '.
L'armée impériale campait à Montecalieri, près de Turin. Ce fut là que Sir Richard Pace trouva Bourbon qu'il pressa de jurer fidélité au roi d'Angleterre et même de lui prêter hommage comme roi de France. Bourbon refusa d'abord et essaya de légitimer ce refus, de l'adoucir en le faisant paraître un acte de haute politique. Il objecta la crainte que son serment, s'il le prêtait, ne fut bientôt connu de tous et que le pape, en l'apprenant, ne se détachât de l'empereur ainsi que du roi d'x\ngleterre et ne se déclarât contre eux; il ajoutait que beaucoup de ses alliés en France, et plus spécialement ceux qui le supposaient enclin à se faire roi, s'en montreraient indisposés au point d'interrompre les rapports qu'ils entretenaient avec lui; ne valait-il donc pas mieux que ce serment fût différé dans l'intérêt même
1. Mss. de Bréquignv. I, vol. 90. f" 153 à 159. — State papers, vol. VI, p. ?91. — La Mure, éd. déjà citée, t. II, p. 631. — Lettre de Richard Pace à Wolsey, 16 juin 1.524; — iMus. Brit., Vitellius, B., VI. — Mignet, p. 486.
de la cause commune? Richard Pace refusa de se laisser convaincre et insista; puis il interrogea Bourbon, qui persévérait dans son refus, sur ses forces, sur les intelligences qu'il avait dans le royaume à envahir, sur la route qu'il suivrait et le but qu'il se proposait d'atteindre. Charles lui donna les renseignements demandés, mais ne consentit point à découvrir ses relations en France, parce qu'il avait juré de les tenir secrètes; il aflirma que le roi n'avait pas à s'inquiéter et qu'il recouvrerait bientôt tout ce qui appartenait d'abord à Henri YIII et à Charles-Quint, puis à lui-môme ^ « Lannoy se rendant l'interprète des intentions que Bourbon laissait enveloppées de quelque obscurité et qui n'étaient pas assez claires pour rassurer l'ambassadeur de Henri VIll, ajouta « que le duc entrerait en France pour y couronner la grâce du roi- ». Bourbon avoua qu'il préférait pour entrer en France la route de Provence; en cinq ou six jours, il pouvait passer les montagnes, et, longeant la mer, soutenu par la Hotte impériale, traverserait un pays fertile et peu dangereux; le château de IMonaco lui ouvrirait certainement ses portes; Marseille seule l'inquii'tait, mais il espérait s'en emparer; si, par un hasard improbable puisqu'il n'avait plus d'armée pour le moment, François 1"" lui offrait la bataille, il l'accepterait et, après l'avoir vaincu, marcherait sur Lyon. 11 soutenait qu'il restait quatre mois pour faire de grandes choses et dit : « Si le roi veut sans délai entrer en France, je permets à Sa Grâce de m'arracher les deux yeux si je ne suis pas maître de Paris avant la Toussaint; Paris pris, tout le royaume est en ma puissance '*. » Après avoir insisté pour que Henri Mil descendît immédiatement en Picardie et qu'il suivit soit le chemin choisi l'année précédente par
1. La Mure, t. 111, p. 2G0 et 263. — Instructions de Richard Pace et réponse du duc de Bourbon. — Lettre de Richard Pace.