LIVRE III
à poursuivre rennenii, Bonnivot «du conseil duquel le roy usoit plus que de nul autre' », Bonnivet qui avait déjà perdu le duché de Milan par suite de sa sottise, empêcha cette fois de le reconquérir en faisant prévaloir son opinion qui était de rester sur place d'abord, puis d'aller attaquer Pavie. A ses yeux, on ne s'emparerait pas de Lodi, successivement fortiliée par Francesco Sforza et Froderico daBozzolo ; au contraire, Pavie serait facile à prendre, soit de force, soit par la défection des lansquenets qu'on disait mécontents, mal payés, et qu'il serait facile d'acheter; Pavie une fois prise, Crémone tomberait tout naturellement et les Espagnols ne pourraient plus se maintenir dans le Milanais. François 1" trouva ces raisonnements pleins de justesse. Il était cependant bien facile de représenter à Bonnivet que son plan fournissait avant tout à l'armée ennemie le temps de se refaire et de tenter à nouveau l'offensive, une fois préparée. Pescaire, en effet, qui s'occupait de mettre Lodi en état de défense, dès qu'il apprit que le roi de France ne marchait pas sur l'Adda, s'écria joyeusement : « Nous étions vaincus, avant peu nous serons vainqueurs'. » — Pour lui, comme pour Bourbon, il n'y avait plus qu'à profiter du temps que l'ennemi leur laissait avec complaisance.
François l" se dépêcha cependant d'établir le siège de Pavie dans la célèbre plaine qui devait lui devenir fatale. Il y parut le 26 octobre, vingt jours après être parti d'Aix et y avoir fait exécuter le consul de la ville qui avait prêté serment de fidélité à son ancien connétable ■\ 11 put même, dès lepremierjour, constater que le siège de Pavie ne serait pas aussi facile que l'avait laissé croire son favori. C'était la seconde ville du duché, autrefois capitale du royaume d'Italie ; de tout temps attachée à la cause de l'empire, elle s'était con-