‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 209 sur 366 · LIVRE m · texte numérisé non relu

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avant de se courber et de diviser ses eaux, y coulait à une grande distance de son enceinte. Entre les rives du fleuve et ses murailles s'élevaient, en s'échelonnant, la belle abbaye de San-Lanfranco, l'église de San-Salvator, entourée d'habitations, elle Bergaretto. L'armée française pouvait attaquer par là Pavie commodément et avec avantage, en ayant, il est vrai, le Tessin à dos, mais longtemps sans danger. Du côté de l'est, au delà de la muraille du parc et des fortifications de la ville, s'étendaient des monticules et des vallons qu'occupaient les abbayes et les églises de San-Paolo, Santo-Spirito, San-Giacomo, San-Pietro in Verzolo, San'Appolinari, et descendaient à peu de distance les uns des autres des cours d'eau plus ou moins profonds, tels que la Vernavola, l'Olona et le Lambro qui venaient se jeter dans le Tessin ou dans le PiV ». Bourbon avait, de plus, confié la place à un capitaine remarquable. Cet Antonio de Leyva, qui parvint à une si haute fortune militaire ', se jura de ne pas rendre la ville, pourvut à la défense avec un soin rigoureux et précis et régla par lui-même, dans ses plus petits détails, la vie des soldats et des habitants.

Selon du Bellay qui fit toute cette campagne et assista au siège ainsi qu'à la bataille de Pavie, Ghabannes fut placé par le roi avec lavant-garde vers le château du côté du Tessin ; François I" se mit assez près de la ville, à l'abbaye de San-Lanfranco, avec la plus grande partie des troupes, l'amiral Bonnivet et le Bâtard de Savoie; il fit passer le Tessin au maréchal de Montmorency pour qu'il établit dans une île , au faubourg Saint-Antoine,

i. Mignet, p. 9 à 11. — Mignet nous indique une relation curieuse du siège de Pavie : Francisci Toegii physici et equiiis candida et vera nai'ratio dirœ ac cronicœ Papiœ ohsidionis (Bibliothèque mazarine, n° n, 312, b» traité, p. 286 à 308j.

2. Voir sa biographie dans Brantôme, éd. déjà citée, t. I, p. 216 : «... et qui le décora encore plus, ce fut le siège de Pavie, qui fust cause de la prise de nostre roy, de la perte de l'Etat de Milan et, pour un temps, de la grande disgrâce de la France ». — Michelet l'appelle sommairement ex-palefrenier et bête de proie.

son armée qui comptait 3.000 lansquenets, 2.000 Italiens, 1.000 Corses et 200 hommes d'armes. « Pour gaigner ledit faubourg, ledit seigneur de Montmorency fut contraint de battre une tour qui estoit sur le pont : l'ayant gaignée, la feit remparer et garder, faisant pendre ceux qu'il trouva dedans pour avoir esté si outrageux d'avoir voulu garder un tel pouillier à rencontre d'une armée françoise K » Cette tour commandait un pont qui menait à la ville et que Leyva lit aussitôt rompre. — La place était cernée de tous les côtés. Ce siège de Pavie, dès son début, fut difficile. L'artillerie ayant tiré quelques journées et fait brèche, (( mais non raisonnable, toutesfoys fut ordonné de donner un assault, pour tenter l'opinion de ceux de dedans. Auquel assault nos gens, ayans donné jusques au hault de la brèche, pensèrent la ville gaigner, mais autrement en advint; car ils trouvèrent par dedans de larges et profondes tranchées bien flanquées, et les maisons estans près desdites tranchées percées bien à propos et pourvues d'arquebouzeries : qui fut cause que nos gens, après avoir longtemps combattu sur le hault de la brèche, furent contraints de eux retirer... » Cet échec ne refroidit pas d'abord l'enthousiasme français et un second assaut fut préparé ; on Tabandonna assez vite, comprenant qu'il était inutile de sacrifier tant de monde sans obtenir d'appréciables résultats; si l'on en croit Lannoy dans une lettre à Charles- Quint, l'armée royale aurait déjà perdu 2.500 hommes'', mais ce chiffre paraît exagéré. — Un autre moyen fut mis en avant; il consistait à détourner les eaux du Tessin qui seules défendaient la ville nu sud'; de la sorte

\. Du Bellay, p. ?,<M.

2. Du Bellay, p. '.V.n. — Renzo fia Ceri s'était servi d'un stratagème identique à Marseille.

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