‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 21 sur 366 · Marillac, Vie du connélahle de Bourbon · texte numérisé non relu

Marillac, Vie du connélahle de Bourbon

liiy dirent leur avis. Et, par exprès, y avoit deux chevaliers, r un son chambellan ordinaire, sieur de Diors, l'autre le sieur de la Queulhe, chambellan du roy, lequel mon dit sieur duc aymoit singulièrement pour ce qu'il avoit été nourry bien jeune avec messieurs ses prédécesseurs en sa maison de Montpensier; lesquels chevaliers, comme gens de grande expérience, luy disaient selon l'heure et le temps ce qu'il avoit à faire et il les savoit fort bien croire^ ». Les Vénitiens avaient 40.000 hommes commandés par deux condottières, F*itigliano et Alviano, qui s'accordaient assez mal. Après plusieurs petites rencontres-, les deux armées se trouvèrent définitivement en présence pour la lutte finale; les provéditeurs de la République décidèrent d'attendre l'ennemi et firent retrancher la plus grande partie de leurs forces sur une petite digue resserrée près de Crémone; l'Alviano plaça là son infanterie appuyée par quelques pièces de canon. Au début, cependant, malgré l'ordre reçu, il ne put s'empêcher d'attaquer et lit même reculer l'avant-garde française. Le roi s'avança, payant de sa personne, « comme le plus petit soudoyer. Que quiconque a peur, s'écria-t-il, se mette derrière-moi ; un vrai roy de France ne meurt pas d'un boulet de canon'! » Le centre faiblissait à son tour au point de rétrograder jusqu'à l'arrière-garde et d'yjeter la déroute. C'est alors que l'aile^, commandée j)ar Charles de Bourbon, se lança sur le llauc de

2. « Je ne vous feray long récit des courses, allées et venues; mais enfin le roy de France, ayant passé les monts et arrivé en sa ville de Milan, apprit que les Vénitiens avoient repris Trévy, une petite place de la rivière d'Adde. » [Chronique de Bai/urt, par le loyal serviteur, chap. xxiî). — Voir Guichardin qui décrit ces batailles tout au long.

3 Seyssel, Histoire du bon roy de France Louis XII, 1508, et, avec des notes de Denis Sauvage, 1387 et 1613; — Varillas, Histoire de Louis XII, 3 vol. ; — Saint-Gelais, Histoire de Louis XII, 1622 ; — Delaroche, Histoire de Louis A7/,1817, etc. ; — Guichardin : « Le roi se portait partout où il fallait donner des ordres, employant à propos les exhortations et les menaces ».

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