LIVRE I
l'ennemi et nous valut Tavanlage. — AJicheletqui consent difficilement à ce que «le traître» ait influé à ce point sur l'action et qui, malgré tout, ne peut parvenir à le nier, insinue que le roi, prévoyant les péripéties du combat, avait placé Charles à l'avance de façon à ce qu'il eût le bénéfice du succès : « 11 (Louis XII) lui donna cependant, à la bataille d'Agnadel, l'honneur du plus beau coup d'épée, de charger en flanc l'armée italienne, ce qui décida de la victoire '. » — Il est cependant difficile de penser que Louis XII ait pu prévoir que ses forces faibliraient et sur quel point ; en admettant qu'il l'ait prévu, on ne comprend pas très bien pourquoi, ni dans quel intérêt, il aurait donné à Charles de Bourbon la place prépondérante. — L'infanterie vénitiennequi fut la plus maltraitée perdit 8.000 hommes; « d'autres disent que, de part et d'autre, il n'y eut que 6.000 hommes de tués en tout- ». Il est difficile de fixer un chiffre exact. En tout cas «telle fut la bataille de Ghiaradadda, que d'autres appellent de Vaïla'^ donnée le 14 mai et, en mémoire de laquelle le roi fit bâtir une chap pelle dans le lieu même du combat, sous le titre de Sainte-Marie-de-la-Victoire^ ». Le roi conquit ensuite tout le pays jusqu'au lac de Garde, Crémone, Crème, Bergame, Milan, Vérone, Vicence et Padoue et envoya les clefs de ces dernières villes à Maximilien, qui brûla, échange de bons procédés, le livre où il inscrivait au fur et à mesure ses griefs contre Louis Xll.
Charles de Bourbon tomba malade à nouveau sur ces entrefaites, toujours d'une fièvre, mais chaude cette fois et non plus quarte ; et c'est après en avoir guéri qu'il regagna le Bourbonnois. Marillac se lamente encore en cette occasion sur l'ingratitude royale :