‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 215 sur 366 · Mignet, p · texte numérisé non relu

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4. Varilias prétend (pie Bourbon avait levé les lansquenets avec de l'argent prêté par le duc de Savoie (et il est en cela de l'avis de du Bellay), mais qu'il avait été là-bas contre le sentiment de Pescaire et de Lannoy; le récit de Varilias est curieux et très vraisemblable : « ... Bourbon n'avoit pas plus tôt vu le roi attaché devant Pavie qu'il étoit allé conjurer le duc de Savoye de lui prêter de l'argent. Le duc n'étoit plus le même à l'égard de la France qu'on l'avoit vu trois ans auparavant; et l'on trouvera difficilement dans l'hisloire un changement aussi bizarre et aussi funeste que fut le sien. 11 avoit toujours vécu avec la mère du roi, sa sœur, dans «ne liaison si étroite qu'il n'y avoit rien de secret entre eux, et il avoit aimé le roi avec autant de tendresse que s'il eût élé son fils unique, il lui avoit fait passer les Alpes par un chemin inconnu d'où s'étoient ensuivis la défaite de Colonne et la victoire de Marignan. 11 l'avoit informé à point nommé de ce qui se tramait en Italie au préjudice de François et lui avoit fourni tout ce qui se trouvoit dans ses Etats capable d'y remédier. Cependant, il n'eut pas plus tôt épousé l'infante Béatrix de Portugal, sœur puînée d'Jsabeiie qui devoit se marier avec l'empereur, que l'inclination dominante qu'il avoit eue pour les Français dégénéra en une haine irréconciliable pour eux. On ne sçait ni la cause ni le prétexie de cette inconstance: et l'on devine seulement c(ue l'infante de Portugal qui étoit la plus allière princesse de son siècle ne voulut point céder à sa tante qui n'étoit que femme d'un comte, quoique mère d'un roi. et qu'elle préféra l'empereur, son oncle et son futur beau-frère tout

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