LIVRE m
chargea de haranguer.les troupes ' ; il le fit avec adresse, leur montrant le mauvais état de l'armée française, trop fatiguée par une suite ininterrompue de campagnes pour tenir devant leur bravoure, et les assurant de la victoire. « Les Espagnols, tant pour la créance qu'ils avoient audit marquis que pour le grand butin qu'il leur promettoit, luy olïrirent de vivre ou de mourir avec luy et de le suivre en tous lieux et dangers qu'il les voudroit conduire et sans argent moyenant qu'ils eussent vivres dont ils se peussent substanter. Les Allemans, estans advertis de la réponse des Espagnols, la feirent semblable, disans qu'ils n'estoient pas moins gens de guerre que la nation espagnole-. >^
L'armée impériale commença par venir à Marignan, afin de voir si la garnison française qui était restée dans le château de Milan l'évacuerait; mais, quand ses chefs surent et constatèrent qu'il n'en était rien, elle marcha sur la ville et le château de Sant'Angelo afin de laisser libre derrière elle, en cas de retraite et pour l'arrivée des vivres, le chemin de Lodi à Pavie-^. Sant'Angelo ne résista pas longtemps et capitula. Pour se concilier l'ennemi, on licencia généreusement les soldats de la garnison en leur faisant prêter serment qu'ils ne prendraient pas les armes contre l'empereur d'ici un mois. On garda leur capitaine prisonnier*. L'armée descendit ensuite vers Belgiojoso et s'avança du côté de Pavie avec le dessein d'en faire lever le siège ou de livrer bataille.
S'il s'était rendu compte de la situation, François P"" aurait refusé le combat ; il le souhaitait au contraire et ne doutait pas que l'issue ne lui en fût favorable. Il envoya Bonnivet, La Palice et Chabot de Brion avec
Marguerite, 11 janvier 1523, — CaplicUé de Franois I".) — lis ne partirent que le 24.
1. Du Bellay, p. 403 : « fut conclu entre tous les chefs que le marquis de Pescairo appellerait les Espaanols, desquels il estoit général, pour trouver moven de leur persuader de marcher au combat ».