LIVRE III
avant le jour; des soldats aidèrent les maçons et environ 20 toises' du mur furent abattues. L'armée passa aussitôt sans bruit le plus vite possible et de la façon suivante si l'on en croit du Bellay- : « ... Firent passer devers nostre camp par ladite brèche 2 ou 3.800 arquebousiers espagnols accompagnés de quelques chevaulégers ayant chécun une chemise blanche sur leurs armes pour se recognoître, parceque le jour encore n'estoit clair puis suivit lesdits arquebousiers un bataillon de 4.000 tant lansquenets qu'Espagnols des vieilles bandes meslés ensemble, après lequel marchoient 3 bataillons, l'un d'Espagnols et 2 de lansquenets, avecques deux grosses troupes de gendarmerie sur les esles. » Le marquis du Guast avec 1.500 lanquenets et 1 .500 arquebusiers espagnols marchait le premier sur le château même deMirabello afin de s'en rendre maître si possible et de se rapprocher de Pavie '■\
François F'" 'en apprenant que les Impériaux abattaient la muraille du parc, quitta ses retranchements. Pendant la nuit même il donna l'ordre aux hommes d'armes qui avaient leurs postes à Mirabello de se replier de ce côté, puis rangea ses troupes. « Le lieu était favorable à celle des deux armées qui avait la plus forte cavalerie et l'artillerie la plus considérable. François F' avait plus d'hommes d'armes et de canons que les Impériaux, sans leur être inférieur en infanterie. Il avait 8.000 Suisses, 5.000 lansquenets, 7.000 hommes de pied français et G. 000 Italiens. Il plaça dans une position dominante et vers la droite, d'oii n'était pas éloignée l'ouverture pratiquée dans la muraille du parc, ses pièces bien attelées, sous le com-
1. Guichardin, Id. — Le P. Daniel et du Bellay disent quarante ou •cinquante ; Mignet, qui doit parler d'après eux, indique le même chiffre.