LIVRE m
harnoys des ennemys, teste et bras de gens de cheval et de pyé, que on eust dist que c'estoit la foudre qui eust passé. Après y en avoit une bende dung austre cousté, qui regardoit sur la venue des gens de pyé, laquelle exploita pareillement, de sorte qu'elle faisoit des ruées parmy les gens de pyé, les faire roulant en l'air par testes, bras, gembes et corps, qui esloit bien merveilleuse chose et pitié à veoir '. »
Les Impériaux étaient embarrassés par leur artillerie qu'ils traînaient à travers les fondrières sans réussir à la mettre en batterie sous un feu pareil; ils se jetèrent tant bien que mal à la file en fuyant dans un vallon qui les abrita; aussitôt deux compagnies d'hommes d'armes du duc d'Alencon et du seigneur de Brion chargèrent ceux qui s'étaient trop dispersés et les poursuivirent jusqu'à ce qu'ils se fussent mis à couvert près des autres. La surprise avait tourné, en somme, contre ceux qui l'avaient organisée; l'occupation de Mirabello devenait inutile et la jonction avec Pavie impossible. 11 fallait donc, de suite, changer le plan établi et accepter la bataille dans les conditions imposées par l'adversaire qui profitait à son avantage du piège qu'on lui avait tendu ; le mieux était de réunir toutes les forces disponibles afin de soutenir le choc des Français en arrêtant la gendarmerie par les arquebuses et les lances et en jetant d'autre part les lansquenets contre les Suisses. C'est ce que comprit Pescaire qui prit la décision de rappeler de Mirabello le marquis du Guast; en même temps, il fit dire à Bourbon et à Lannoy de marcher en avant. Lannoy se résigna sans confiance ; il fit le signe de la croix et dit en se tournant vers ses hommes : « Il n'y a plus d'espérance qu'en Dieu; que chacun me suive et fasse comme moi. » Il était précédé du marquis de Civita SantAngelo qui conduisit les chevau-légers. Bourbon