‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 231 sur 366 · Captivité du roi François 1", p · texte numérisé non relu

Captivité du roi François 1", p

qui était en arrière se liàta d'arriver ^ François I" et toute son armée s'avançait-'. Le roi avait laissé derrière lui treize enseignes de ses hommes d'armes avec ses bataillons d'hommes de pied, leur recommandant de marcher au pas jusqu'à ce qu'ils fussent sur l'ennemi \ et là, de l'assaillir. Il fondit lui-même avec sa noblesse sur l'avant-garde impériale. Elle recula d'abord sous le choc irrésistible des cavaliers pesamment armés et le roi tua de sa main, d'un coup de lance, le marquis de Civita Sant'Angelo '^ Il bouleversa tout l'escadron des chevau-légers, repoussa les hommes d'armes de Lannoy et rompit une troupe d'arquebusiers et de piquiers. Après avoir tué le marquis, il avait pris « son espée d'armes et combattit main à main, non contre ung seulement mais contre trois ou quatre qui le chocquèrentà beaux coups demasse, sans avoir secours que bien peu ^ ». Le roi eut le tort de croire la bataille gagnée parce qu'on fuyait devant lui. Il le croyait tant qu'il se tourna vers le maréchal de Foix qui était à ses côtés et lui

1. 11 est encore une fois bien difficile de croire que Bourbon se soit déguisé. IJn Espagnol, le capitaine Gonzalès Hernando de Oviédo, n'en parle pas et montre, au contraire, IJourbon se battant de son mieux. Voici quel est le texte même : « El excelente duque de Bourbon, cuya presencia mostraba bien la autoritad de su valor y sangre y persona... El segundo escuadron que esla batalla, levaba el duque de Borbon como lugartemiente del emperador, que aquel es fu lugar. Llevaba casi otras trecientas lanzas muy lucidas, y algunos caballeros particulares que con el se fueron. Iba vestido de un fayo de brocado sobre un suerte arnes blanco sin ostra devisa ninguna ». {Helalion de lo sucedido en la prison del rey de Fruncia^ dans : Collecion de documentos ineditos para la liisloria de Espana, t. XXXVIII.

2. Ce fut là la grande faute du roi. Son artillerie le protégeant toujours il aurait diï ne pas en masquer le feu comme il le fit par sa marche en avant. « Il crut qu'il se rendait indigne des faveurs de la victoire s'il les négligeait... il sortit du parc, il se répandit dans la campagne avec toute sa gendarmerie, il fit la faute énorme de marquer par cette marclie imprudente les batteries qui tournaient par la brècbe. Dès que ces Impériaux se sentirent ù l'abri du canon, ils reprirent courage, ils se rallièrent promptement. » (Gaillard, éd. déjà citée, p. 138, t. II.)

3. « Treize enseignes de gens d'armes ne faict — Feys demourer fermes ]tour bon eti'et ; — Nos AUemans avec eulx je laisse, — Leur commandant qu'ils marchassent sans cesse — Au petit pas... » (Epistre^ du Boy; Caplirilé. etc., p. 121).

■i. P'. .love; — Guichardin, etc.

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