xMignet, t. Il, p
s'en reaiettait à ce que décideraient la Re'gente et la France ^ Sa captivité cependant était dure, surtout pour un homme habitué comme lui à tous les plaisirs d'une cour qui tenait la tête en Europe par ses agréments-. « Le seigneur roi, écrivirent Bourbon et Lannoy à Charles-Quint, a trouvé les conditions bien difficiles'^ » Le roi écrivait à ses sujets une de ces belles lettres dont il était coulumier et où Ion peut relever les lignes suivantes: «... Entre tant d'infélicitez, je n'ai reçu nul plus grand plasyr que de sçavoir l'obeyssance que portez à Madame en vous monstrant loyaux subjects et bons François, la vous recommandant toujours et mes petits enfans, qui sont les vôtres et de la chose publiques 0 11 terminait: «... et soyez seurs que, comme pour mon honneur et celluy de ma mayson, j'é plustot esleul'omnesteprysonque l'ontousefuyte, ne serajamès dyt que sy je n'é esté s'y eureulx de fayre bien à mon royaulme, que pourenvye d'estre délyvré je y face mal, ce estimant bien eureulx pour la lyberté de son pays toute sa vye desmeures en prison ■. » — Le revers de cette jolie page est que, peu h peu, sur la persuasion adroite du vice-roi de Naples, il finit par se permettre certaines concessions, assez singulières d'ailleurs ; mais,
— et ici, se voit jusqu'à quel point le pouvoir royal commençait à se confondre avec l'intérêt de la nation,
— la Régente repoussa les otfres de son enfant. Charles-Quint, de son côté, les jugea insuffisantes ', et se prépara de suite à reprendre la guerre. — Voici les propositions au sujet de Bourbon avec les réponses du
1. Voilà ce que fait le patriotisme quand il s'exalte au moment du danger et qu'il nait tout a coup dans les cœurs, dans le plus petit comme dans le plus grand.
2. State papers. — Poésies du roi François /""■, pub. par Aimé ChampoUion-Figeac, in-4°, Paris, 1874, — Captivité, etc.; — Haurréau, François l" et sa cour. Hachette, 18.53; — Brantôme, etc.
3. Lettre du 26 avril 1523 (Arch. de Vienne, citées par Mignet).