‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 276 sur 366 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

de l'empereur qu'il avait tenue jusque-là, il y avait mis un Italien, créature à lui, Ce'sar de Ferramosca, qui ne tarda pas à se pousser fort avant dans la faveur de Charles-Quint ; Lannoy aussitôt en avait conçu la plus grande jalousie et s'était employé de son mieux à le faire révoquer de ses fonctions. L'Italien, sentant que son intérêt était de revenir dans les bonnes grâces de son ancien protecteur, exploita dans ce but les rivalités qui existaient entre Lannoy et Bourbon en allant raconter au premier que le second parlait fort mal de lui malgré leur récente réconciliation. Lannoy le crut et revint à la charge auprès de l'empereur en lui demandant le droit de se déclarer hautement l'ennemi de Bourbon, puisque celui-ci rejetait aussi déloyalement son amitié. L'empereur, très étonné, ordonna une enquête. Elle aboutit à faire découvrir que Bourbon n'avait rien dit et que tout venait des inventions intéressées de Ferramosca qui fut exilé de la Cour^. — C'était une petite satisfaction, mais qui n'eifaca rien.

Et plus on avance dans l'histoire du connétable, plus on est à même de constater l'acharnement du destin contre lui. Il semble que rien ne pouvait lui réussir, même ses plus grands succès. Ses précautions demeuraient également inutiles. C'est ainsi qu'avant de partir en Espagne, il avait cru bien faire en mettant auprès de l'empereur, pour le représenter et défendre ses intérêts, le seigneur de Lurcy; or, après Pavie, Charles-Quint dit à ce gentilhomme d'écrire à Bourbon que comme étrennes [en alhricias) d'une si grande victoire, il lui envoyait les pouvoirs nécessaires pour qu'il épousât en son nom Eléonore ; au lieu de profiter de l'occasion qui, dans les cours comme ailleurs, se présentent rarement favorables, par paresse, peut-être sans penser à mal, Lurcy répondit que cette

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