‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 275 sur 366 · Sandoval, t. I · texte numérisé non relu

Sandoval, t. I

répondit Bourbon, le vice-roi n'ignore pas que tout ce que j'ai écrit dans mes lettres est la vérité et, quant aux autres choses secrètes que j'aurais à dire, s'il convient à mon honnêteté de les taire, il convient encore plus à son honneur qu'elles soient passées sous silence, parce que je sais bien par quelle ruse diabolique mes lettres ont été saisies en France et placées ensuite sous les yeux du vice-roi. Et si l'on peut bien conclure que je suis Français de naissance, il l'est lui, et de cu'ur et de fait^ ». Lannoy, très en colère, s'écria violemment : «■ Si ma langue osait divulguer ici ce qui est secret dans mon cœur, sans comparaison, j'aurais de plus grandes plaintes à porter contre vous que vous n'en avez contre moi'-. » L'empereur, craignant une brouille trop sérieuse entre ses deux généraux, intima l'ordre à Lannoy de se taire et, comme il continuait cependant à parler : « Vous tairez-vous enfin, s'écria-t-il, ce n'est pas à vous, vice-roi, de dire ces choses, ni à moi de les entendre M » Voyant alors couibien l'empereur était fâché, Lannoy s'emporta contre la destinée, maudit le silence qui lui était imposé et se retira en poussant la porte d'un violent coup de poing ^. Trois jours après, Charles-Quint fit appeler le comte de Nassau et le secrétaire Lallemand en leur recommandant d'arranger l'affaire, de réconcilier les deux hommes et d'obtenir qu'ils se traiteraient désormais en chevaliers; l'altercation avait eu lieu en eiïet en leur présence à laquelle il faut ajouter celle de Hernando de Vega. La réconciliation ne fut qu'apparente et ils continuèrent de se haïr; Lannoy était, en elîet, très vindicatif de son côté; un certain Ferramosca envenima tout. — Après avoir reçu la vice-royauté de Naples, ne voulant pas perdre le bénéfice de sa charge de grand-écuyer

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