LIVRE IV
si la résistance de Charles-Quint continuait, de conclure la paix en cédant sur la plupart des points ^ François I"", de son côté, voyant qu'il ne pouvait obtenir sa liberté autrement, fit dire à l'empereur par Lannoy que la paix serait bientôt faite, car il se décidait à céder la Bourgogne avec exemption de droit de ressort à la couronne de France^. Lannoy, le prieur de Messines, Hugues de Moncade et le premier secrétaire d'Etat, Jean Lallemand, furent désignés comme plénipotentiaires; le roi de France leur opposa l'archevêque d'Embrun, le premier président de Selve et Chabot de Brion. Ils commencèrent avant tout par faire remarquer au nom du roi qu'ils n'étaient à même d'agir et de signer la cession que par commandement royal et que ce commandement ne serait valable que si François 1" était présent dans son royaume ; son autorité seule pouvait, de plus, amener ses sujets à y consentir. S'il n'y parvenait pas, il jurait de se constituer prisonnier à nouveau et offrait ses deux fils en otages comme garantie; enfin, il demandait toujours à épouser la sœur de l'empereur.
Charles-Quint ne pouvait plus cette fois s'opposer à ce mariage qui était la condition de la paix et le moyen de rentrer en possession de ce qu'il avait désiré ; il fallait, par la même occasion, refuser la reine de Portugal à Bourbon et, pour ce, rompre un engagement ancien et formel. Bourbon comptait sur son exécution et se savait soutenu par Gattinara qui
1. Captivité, etc., p. 413, 414. — La régente faisait justement remarquer les dangers qu'il y avait pour le royaume à demeurer aussi longtemps sans prince, le dauphin ne devant pas être de sitôt en âge de gouverner et elle-même ne pouvant suftire seule à la gestion des affaires ; elle rappelait le traité d'Arras où l'on avait cédé bien davantage à seule fin de séparer le duc de Bourgogne du roi d'Angleterre, et citait l'exemple du roi Jean, prisonnier à Poitiers, et racheté par bien plus de terres et d'argent que n'en demandait Charles-Quint, bien qu'il eut un fils en mesure de gouverner ; à laisser le roi prisonnier, on exposait ses enfants à être détruits et on risquait de voir un autre prmce devenir roi de France.