‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 324 sur 366 · Robertson, éd. déjà citée, p · texte numérisé non relu

Robertson, éd. déjà citée, p

ni comment la faire avancer. II tombait des pluies torrentielles. Mal vêtus, peu nourris, sans souliers,, sans argent, les Espagnols et les lansquenets, arrivés au comble de l'exaspération, s'étaient mutinés avec fureur le 15 mars, l'avant-veille du jour où la trêve se signait à Rome. » Le connétable attendait, pour continuer sa marche, des vivres, des munitions et des bœufs «pour voilurer quatre pièces de canon qui composaient toute l'artillerie qu'il avait eue jusqu'alors ^ ». Il laissait entrevoir déjà son véritable dessein, mais la plupart assuraient qu'il voulait passer en Toscane ; c'était l'avis de Morone qui, depuis plusieurs jours, avait lié une secrète intelligence « avec le marquis de Saluées qu'il trompait, si l'on veut s'en rapporter à la plus commune opinion- ». Et c'est la veille du jour fixé pour le départ que les Allemands entraînèrent les Espagnols dan^ leur révolte '^ Ces derniers se portèrent devant la tente de Dourbon en réclamant leur solde et avec l'intention de le tuer ; il ne dut la vie qu'à sa fuite ^ ; il se sauva en effet dans le quartier des lansquenets, près de Frundsberg; mais les lansquenets aussi étaient soulevés et criaient sans cesse avec fureur : « De l'argent,, de l'argent! » Frundsberg les harangua pour les apaiser, les appela ses enfants, les supplia de continuer à servir l'empereur avec docilité et d'attendre patiemment que leur solde qu'ils recevraient bientôt put être payée. Ils ne l'écoutèrent pas et le vieux capitaine, surpris au plus haut point de voir des soldats qui, jusque-là, lui avaient obéi en tout montrer tant de résistance, fut frappé d'apoplexie; la parole lui manqua

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