‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 323 sur 366 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

gnol qu'il avait très bien appris et le parloit très bien, et s'estoit très bien façonné à leurs gestes, grâces et façons. Aussi en avoit-il le tainct fort noir, la barbe faicte à TEspaignole, ce qui leur plaisoit fort. » Les historiens modernes ne paraissent pas s'être rendus compte de l'étonnante audace de Bourbon. Guichardin, bien qu'Italien et considérant Bourbon comme un ennemi, lui rend justice : « On ne peut assez admirer, dit-il, la résolution du connétable et de son armée qui, sans argent, sans munitions, sans pionniers, sans assurance d'avoir des vivres, entreprirent de passer au milieu de tant d'ennemis et de troupes beaucoup supérieures en nombre à la leur. Mais la fermeté des Allemands fut encore plus surprenante que celle des autres ; partis de leur pays avec un seul ducat par tète, et après de longues souffrances en Italie oii depuis très longtemps ils n'avaient reçu que deux ou trois ducats chacun, ils se mirent en marche, contre la coutume de tous les soldats, surtout de leur nation, sans autre j)aye que l'espérance de la victoire et sachant qu'il leur serait absolument impossible de subsister sans argent s'ils se trouvaient dans quelque endroit cii il ne fût pas facile d'avoir des vivres ou si l'ennemi s'approchait d'eux ^ »

Bourbon avait confié le commandement de Milan à Antonio de Leyva c qu'il n'était pas fâché de laisser derrière lui" » ; il s'était entendu avec le duc de Ferrare et était arrivé le 7 à San Giovanni à la tête de son étrange armée cosmopolite. Une fois campé ensuite entre San Giovanni et Bologne, il put craindre un moment que son entreprise n'échouât. « L'armée manquait de tout. Le duc de Bourbon ayant épuisé les provisions qu'il avait tout d'abord reçues du duc de Ferrare ne savait plus ni comment la faire vivre

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