‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 35 sur 366 · Id · texte numérisé non relu

Id

4. Le lecteur sent-il comme ce « néanmoins » est admirable? Marillac "Tomprend mal que Bourbon n'ait pas été guéri par l'honneur de cette visite royale. Merveilleux prestige du pouvoir réel .que rien, de nos

jours, n'a remplacé I

Et, cependant, Pâques approchèrent de Fan mil cinq cents quinze. »

Bourbon participa aux préparatifs de l'expédition d'Italie. Il joua même un rôle des plus actifs et ce fut à lui que le roi dut d'avoir non seulement la paix avec Gênes, mais encored'y recouvrer ses anciens droits ^ Il

1. « Et tout ce nonobstant mon dit sieur menoit entreprinse ùe recouvrer la ville de Gênes pour le roj-. Et tant fit et pratiqua que, par son moyen et conduite le sieur Octavian Frégouse (Ottaviano Fregoso) qui avoit gagné la dite ville de Gênes sur l'averse partie qui sont les Adornes (Adorno) et se disoit le dit Frégouse de Gênes, mondit sieur de Boubon fit tant avec luy qu'il délaissa le nom de duc de Gênes et le bailla au roy ; luy fit serment de bien loyalement le servir et de lui garder ladite seigneurie de Gênes de par luy : et il n'avoit et n'eut nom que de gouverneur. Mais à lax^iite menée mon dit sieur eut grand peine et grand soin; et y fit des promesses et seurretés beaucoup audit sieur Frégouse lequel n'avoit fiance, telle qu'à luy, à prince ne seigneur du royaume de France. Laquelle réduction de ladite seigneurie de Gênes en la main du roy étoit nécessaire à mon dit sieur plus que chose au monde. Et mon dit sieur connaissoit et entendoit fort bien; car, sans cela, l'autre entreprinse de Milan ne se pouvoit bonnement

conduire Et en retournant dudit Amboise à Lyon étant au château

de Banegou en Bourbonnois, mondit sieur eut nouvelles de l'entreprinse dudit Gènes, comme le dit Octavian Frégouse avoit accepté et agréé les articles qui avoient été dressés pour la réduction dudit Gênes en l'obéissance du roy. Lesquels mondit sieur envoya devers le roy qui les trouva bon et les autorisa; et en commanda lettres sur ce nécessaires. Et par ce moyen le roy fut l'ait duc et seigneur de Gènes et ledit messire Octavian Frégouse fut gouverneur dudit Gênes de par le roy et luy donna le roj' la charge de 100 hommes d'armes de l'ordonnance de France, les 50 François et les autres Lombards. Et si laissa ledit messire Octavian Frégouse que le roy mit un capitaine au Chàtelet de Gênes. Et y fut mis à la nomination de mondit sieur de Bourbon le sieur Desforges du pays de Bourbonnois qui a depuis tenu ledit Chàtelet et s'y est bien conduit. » Marillac, Vie du connétable de Bourbon.

Yarillas parle de même et attribue au connétable le mérite de cette affaire.

«... Le connétable qui le (Fregoso) connaissait particulièrement tâcha de l'attirer dans les intérêts de François I". Mais avant que de parler du connétable, il est nécessaire de remarquer qu'encore que les historiens de toutes nations se soient accordés à supprimer ses belles actions et à le charger d'injures, on est maintenant obligé d'en écrire la pure vérité: non seulement à cause que le temps doit avoir elïacé la haine que l'on pouvoit avoir pour sa mémoire, mais encore parce que notre invincible monarque Louis XIV a si glorieusement réparé les brèches que la rébellion de ce prince avoit faites à la monarchie françoise. Le connétable avoit tant de beUes qualités de corps et d'esprit que rien ne lui manqua pour être le héros de son siècle, sinon un [jeu plus de condescendance pour la i>ersonne qui laimoit ou un peu moins de ressentiment de l'injure qu'elle lui ht se voyant méprisée. 11 étoit extraordinairement beau, discret, libéral et vaillant. Sa franchise qui approchait celle des anciens Gaulois ne lempêchoit point de réussir admirablement entre toutes sortes d'intrigues; car encore qu'il parut

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